Tolstoï, oncle Gricha et moi – Lena Gorelik

gorelikTitre : Tolstoï, oncle Gricha et moi
Auteur : Lena Gorelik
Littérature allemande
Traducteur : Amélie de Maupeou
Éditeur : Les Escales
Nombre de pages : 352
Date de parution : 8 janvier 2015

Auteur :
Née en 1981 à Saint-Pétersbourg, Lena Gorelik émigre avec sa famille en Allemagne en 1992. Jeune auteure prolifique, elle a été nominée pour le Deutscher Buchpreis, l’équivalent du prix Goncourt en Allemagne. Tolstoï, oncle Gricha et moi est son premier roman traduit en français.

Présentation de l’éditeur :
Sofia écrit des listes, partout et tout le temps : les diminutifs gênants, les phrases qu’elle aurait souhaité ne jamais avoir dites ou les restaurants les plus mauvais. Une obsession qui lui permet d’affronter un quotidien morose : sa fille de deux ans et demi doit se faire opérer du coeur pour la troisième fois, Alzheimer emporte peu à peu sa grand-mère, et ce n’est certainement pas sa mère, grande collectionneuse d’autocollants Panini et adoratrice de Tolstoï, qui peut lui apporter son aide.
De ses origines russes, la jeune femme ne sait que très peu de choses. C’est en trouvant chez sa grand-mère de mystérieuses listes écrites en cyrillique qu’elle découvre l’existence de Gricha, un oncle dont elle ignorait tout. Qui était cet homme passionné, fougueux et marginal ? À travers lui, l’histoire familiale de Sofia se dévoile peu à peu pour livrer ses plus lourds secrets.

Mon avis :
A l’image du titre, Lena Gorelik superpose les récits, construit étapes par étapes son scénario et unit ainsi les personnages dans une même histoire.
Sofia a beaucoup voyagé pour son métier. Elle écrit. Mais depuis quelques temps, à part ses listes, elle n’a pas l’esprit à ça. On comprend vite qu’elle est très attachée à cette grand-mère  » gâteau », russe, aujourd’hui confinée dans une maison de retraite, atteinte de la maladie d’Alzheimer. Et puis, il y a l’inquiétude pour Anna, sa fille, née avec un demi coeur qui doit subir sa troisième intervention chirurgicale.
Parfois, les discussions avec Flox, son mari, s’enveniment. Normal, avec cette épée de Damoclès au-dessus de leur tête. Les conversations avec sa mère ne sont pas évidentes et Frank, son beau-père parle peu même si il la soutient chaleureusement.
En parallèle, Gricha, né en 1945 à Moscou, raconte sa jeunesse. Il vit dans un appartement collectif avec ses parents, son frère et sa sœur. Peu stable, il rêve d’autres choses, sèche l’école pour aller à l’enterrement de Boris Pasternak ou à des réunions politiques, fait des caricatures ou des listes. Il rend malheureux ses parents par inquiétude.
Progressivement, l’histoire se dévoile et le lien avec Sofia se fait. Les mots entendus dans la bouche de sa grand-mère, des feuillets en cyrillique retrouvés, les confessions de Frank nous donnent les pistes pour reconstruire cette histoire de famille.
Sofia m’a touchée par sa sincérité. Elle ose dire ses peurs, ses pensées et affronte avec beaucoup de courage les tempêtes de sa vie. Bien sûr, elle s’énerve parfois contre la foi de Flok, elle passe des nuits blanches, elle craque mais ses listes lui donnent de la force et la calment.
Si les deux histoires ne s’intègrent pas facilement au départ, les couches se superposent toutefois habilement pour reconstruire cette famille et comprendre les peurs et les silences de chacun.
Lena Gorelik traite des sujets graves comme la maladie d’un enfant ou les violences soviétiques avec un voile de douceur et de pudeur qui lui permet de ne jamais tomber dans l’horreur ou le drame.
La construction du récit avec des sujets variés, des bribes d’information dans un style assez froid et classique ont eu du mal à capter mon intérêt sur la première moitié du roman. Puis, les liens se font, les personnages se découvrent et l’histoire ainsi construite pièce par pièce prend toute son amplitude.
Un premier roman prometteur.

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14 réflexions sur “Tolstoï, oncle Gricha et moi – Lena Gorelik

  1. Tu es la première à nous donner ton avis et je suis ravie de voir qu’il est positif. J’avais beaucoup aimé les propos de Lena Gorelik au centre Goethe, elle avait beaucoup d’empathie et d’amour pour ses personnages.

    • Je dois dire que ce n’était pas gagné en début de lecture. Mais c’est ce genre de livre qui se construit pas à las et prend sa consistance, délivre son émotion avec retenue pour notre plus grand plaisir.

  2. Je me le suis offert il y a quelques semaines, et quand j’ai vu que tu en avais commencé la lecture, j’ai attendu ton avis avec impatience. Je suis ravie que ce roman t’aie plu, et je suis encore plus impatiente de le commencer !

    • Je ne dirais pas difficile au début mais j’ai peiné à trouver une accroche. Comme si au départ, on a un cadrage très large avec quelques petits points imprécis, et puis ensuite on affine la netteté. Pour terminer sur une image nette et précise de cette famille.

  3. C’est rigolo de lire les avis sur un même roman, les impressions peuvent être vraiment différentes ! Pour ma part j’ai trouvé que les deux récits s’entremêlaient très bien, et que le style d’écriture simple se lisait comme de l’eau ! (bon ma comparaison est bizarre, mais on va dire que j’me comprends !)

    Apparemment ce ne serait pas son premier roman (si j’ai compris sa page wikip’) mais effectivement c’est une jeune auteure.
    Effectivement les personnages sont très attachants (le côté « obsession des listes » est bien trouvé) et l’auteure a bien su décrire ces deux univers opposés (un dissident d’URSS et une mère désemparée en Allemagne), sans aller dans le drama, avec « ce voile de douceur », comme tu le dis :).

    J’aurai aimé un roman plus long je crois, pour avoir une vue sur la découverte de l’oncle par Sofia et ses conséquences.

    Estelle

    • C’est tout l’intérêt d’un club de lecture ou d’une lecture commune : augmenter les échanges autour d’un livre.
      J’aurais moi aussi aimé en lire plus sur l’oncle mais cette distance fait partie du charme du récit.

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