Un membre permanent de la famille – Russel Banks

banksTitre : Un membre permanent de la famille
Auteur : Russel Banks
Littérature américaine
Traducteur : Pierre Furlan
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 240
Date de parution : 7 janvier 2015

Auteur :
Né en 1940, Russell Banks, sans conteste l’un des écrivains majeurs de sa génération, est président du Parlement international des Écrivains et membre de la prestigieuse American Academy of Arts and Letters. Son œuvre, traduite dans une vingtaine de langues et publiée en France par Actes Sud, a obtenu de nombreuses distinctions internationales. Il vit dans l’État de New York.
Récemment chez Actes Sud : Lointain souvenir de la peau (2012).

Présentation de l’éditeur :
Un mari humilié qui rôde dans la maison de son ex-femme, un serveur déprimé qui invente à une inconnue une vie qui n’est pas la sienne pour la sauver d’un hypothétique désespoir, des hommes et des femmes qui, pour transcender leur existence ordinaire, mentent ou affabulent à l’envi, sous le soleil de Miami ou sous des cieux plus sombres…
Dans ces douze nouvelles d’une extraordinaire intensité et peuplées de personnages cheminant sur le fil du rasoir, Russell Banks, convoquant les angoisses et les tensions où s’abîment les fragiles relations que l’être humain tente d’entretenir avec ses semblables, transmue magistralement le réel et le quotidien en authentiques paraboles métaphysiques.

Mon avis :
Russel Banks revient en 2015 avec un recueil de nouvelles, un genre littéraire qui lui convient bien puisque l’auteur sait modeler un personnage et une histoire en peu de lignes, et parvient à capter l’attention du lecteur sur des petits riens qui font une grande émotion.
Ces douze histoires se basent ici sur des vies d’Américains matures, au-delà de la quarantaine jusqu’à la retraite amorcée ou bien entamée. Des couples vieillissants ou divorcés, des gens de classe moyenne qui peinent à trouver le soleil convoité après une vie familiale et professionnelle difficile.
«  Nous étions tous des atomes provenant de la fission de familles nucléaires et nous cherchions tous de nouveaux noyaux à recomposer. »
Ces moyens sont souvent l’évasion sur les routes ou vers les côtes ensoleillées tels les oiseaux des neiges mais aussi le vol, l’obtention d’une bourse, parfois même la drogue ou tout simplement la confession à un inconnu pour une fois, se confier, exister, paraître quelqu’un, sortir d’une solitude qui vous emprisonne.
Le talent de Russel Banks est de savoir faire basculer le lecteur sur un geste, comme celui de prendre un enfant dans les bras, d’écouter un cœur dans une nouvelle poitrine, d’enterrer un chien, témoin de toute une vie. Il sait parfois surprendre avec des personnages plus étranges comme Billy avec son perroquet sur l’épaule ou Enrique, témoin étrange dans les brumes de l’alcool. Il sait nous faire réfléchir sur les dangers de la drogue, sur le rôle de la femme asservie dans une vie conjugale étouffante, sur la jalousie des amis ou l’indifférence de certains.

 » Après presque quarante ans de vie conjugale, Isabel, comme n’importe quelle autre femme, avait fait tant de petits compromis, tant de concessions pour faire coïncider sa vision de ce qui était désirable et nécessaire avec celle de son mari, qu’elle ne savait sans doute plus ce qui, pour elle seule, était vraiment désirable et nécessaire. »

 » C’est à ça que ça aboutit avec les junkies. Ils vivent dans leur propre récit personnel même quand ils ne sont pas défoncés…Leur maladie devient la vôtre. »

Avec une écriture subtile, efficace, Russel Banks accroche le lecteur dès les premières lignes et ne le lâche plus en créant magistralement les situations, en touchant efficacement les points sensibles sur des sujets de société aussi divers que le chômage, la retraite, le divorce, le couple, la drogue, le don d’organes, l’exclusion. Et, signe d’un expert de la nouvelle, les chutes vous surprendront plus d’une fois par leur force, leur suggestion ou leur mystère.

 

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31 réflexions sur “Un membre permanent de la famille – Russel Banks

  1. Bonjour,
    j’ai lu ce livre pour le prix cultura de la rentrée janvier 2015 mais mis à part la première nouvelle je n’en garde pas un souvenir mémorable… peut être parce que je ne suis pas une adepte des nouvelles…

    • Je pense que c’est le genre d’histoire où je me sens bien le temps de la lecture, une espèce de rondeur donnée aux personnages. Ensuite, l’effet nouvelles donne une brièveté qui sûrement empêche de s’approprier durablement l’histoire du personnage. Mais je retiendrais tout de même à long terme, quelques bribes sur la vie conjugale, sur cette période difficile de la retraite, sur le besoin de se confier à un inconnu quand la vie devient trop dure ou trop insignifiante, sur la présence des animaux aussi. Enfin, on verra dans six mois.

  2. Pingback: Russell Banks, Un membre permanent de la famille | Lettres exprès

  3. Je n’ai lu qu’un roman de cet auteur, que j’avais vraiment beaucoup aimé De beaux lendemains. Je vois beaucoup de bonnes critiques sur ce recueil de nouvelles, je vais essayer de le trouver à la bibliothèque rapidement! Merci!

  4. Pingback: Un membre permanent de la famille – Russel Banks | Nos expériences autour des livres

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