Femme nue jouant Chopin – Louise Erdrich

erdrichTitre : Femme nue jouant Chopin
Auteur : Louise Erdrich
Littérature américaine
Traducteur : Isabelle Reinharez
Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages : 384
Date de parution : novembre 2014

Auteur :
Née en 1954 dans le Minnesota, Louise Erdrich est considérée comme l’une des grandes voix de la littérature américaine contemporaine. De Love Medicine à Dans le silence du vent (National Book Award, Dayton Literary Peace Prize 2014, PEN/Saul Bellow Prize) elle a bâti, livre après livre, une œuvre polyphonique forte et singulière, à nulle autre pareille.

Présentation de l’éditeur :
Dans l’œuvre de Louise Erdrich, le rêve peut surgir du quotidien, le comique tourner au tragique, la violence et la beauté envahir tout à coup un paysage banal.
Rassemblées pour la première fois en deux volumes (La décapotable rouge et Femme nue jouant Chopin), ces nouvelles publiées dans des revues littéraires et des magazines américains sont marquées par l’imaginaire sensuel et fertile d’un écrivain singulier.On y retrouve la genèse de ce qui a constitué, au fil des livres, l’univers de Louise Erdrich, de Love Medicine à Dans le silence du vent, couronné par le National Book Award : le Dakota du Nord, le monde indien, un réalisme à la fois magique et poétique, la passion secrète qui habite ses personnages et la puissance d’évocation de ses histoires.
« L’un de nos plus grands écrivains, remarquable par son audace stylistique et sa virtuosité artistique. Ce livre est une splendide démonstration de son talent et de son style. » The Washington Post

Mon avis :

«  L’amour est toujours agréable au début. Sur l’autre il y a toujours quelque chose qui scintille, une couche de peinture fragile. Qui disparaîtra, et avec le temps ce qui est en-dessous finit par apparaître. »

Ce second recueil de nouvelles, regroupe avec La décapotable rouge les textes écrits et publiés dans la presse américaine par Louise Erdrich. Ce sont de courtes histoires qui, parfois, ont été développées dans ses romans. Elles sont toutes inscrites dans l’univers marqué de l’auteur, univers amérindien d’hommes et de femmes laissant exploser leur nature et leurs passions, mais aussi un univers de nature et de magie.
L’amour éclate ici sous toutes ses formes, percutant les femmes de la cinquantaine, donnant aux hommes de la virilité, révélant les amours filiaux et fraternels.
 » C’était un jeune amour, allumé dans des corps fatigués, qui parfois les fissurait à la manière d’un feu trop vif dans un vieux poêle en tôle. »

 » Fidelis aimait Eva avec un dévouement de chien, farouche et impuissant, qui le poussait à accomplir des actes apparemment ridicules. Soulever un homme par sa ceinture avec les dents. Une idiotie. Montrant clairement que toute sa force ne représentait rien. Que face à la maladie d’Eva, il était aussi faible qu’un enfant. »

 » Elle se penche et m’entoure de ses bras. Tandis qu’elle me tient contre elle, nous commençons à nous balancer d’avant en arrière. Ma sœur me berce dans les fils sous tension de Goth Lolita à l’odeur de garçon et curieusement réconfortants qui lui font office de bras. »

Les passions dévorent, la nature sauvage amplifie les ambiance et l’auteur reste souvent ancrée dans l’atmosphère amérindienne avec des indiens poussés vers l’alcool et la drogue mais attachés à leur coutumes, leurs façons de vivre et leurs objets ancestraux.
«  Il y a eu une époque où le gouvernement a déplacé tout le monde de la réserve, dans des rues, des bourgs, des logements. Cela a d’abord paru une bonne chose et puis tout a mal tourné. »

Si vous aimez l’univers de Louise Erdrich, vous le retrouverez ici sous son meilleur aspect. Habituée à lire des nouvelles, il m’a toutefois semblé ici que certaines n’étaient pas suffisamment complètes, avec notamment quelque fois des fins énigmatiques ( Le lait paternel ou Revival road par exemple) ou des manques ( Femme nue jouant Chopin, nouvelle trop longue qui a ici été coupée).

Pour apprécier ces nouvelles, il faut savoir, comme à la chasse, se laisser mener par la proie et non tenter de la diriger. Se couler dans l’atmosphère, et ne pas vouloir aller au-delà de ces « textes embryonnaires qui n’ont pas voulu me lâcher » (dit Louise Erdrich).

Mais vous l’avez compris, l’univers de Louise Erdrich, je l’aime quand il est incarné, creusé et enrichi de ces personnages puissants qui ont besoin d’espace pour me plonger dans leurs histoires et leurs passions.
Ce recueil est « une démonstration du talent et du style » de l’auteur.

 

romancières

 

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19 réflexions sur “Femme nue jouant Chopin – Louise Erdrich

  1. Je suis justement en train de terminer ce livre et je suis envoûtée par ces nouvelles! N’étant pas une grande lectrice de nouvelles et étant par contre assez fan de Erdrich, j’avais peur d’être frustrée et de ne pas apprécier ces lectures courtes mais au contraire! Je trouve que les nouvelles s’imbriquent dans un rythme parfait, avec cette atmosphère si particulière comme fil rouge. Un vrai plaisir de lecture.

  2. Je ne connais toujours pas cette auteure dont j’ai entendu beaucoup de bien, tu donnes envie ! Mais j’éviterais de commencer par les nouvelles pour me faire une idée, c’est souvent trop ou trop peu. En revanche, quand on aime un auteur, c’est un complément qui continue l’oeuvre…

    • Oui, c’est un très bon complément. Ces nouvelles sont souvent le point de départ de romans. Je me souviens d’ailleurs de cette histoire de violon dans une barque qui est dans un de ses romans. Je ne sais plus lequel.

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