L’homme provisoire – Sebastian Barry

barryTitre : L’homme provisoire
Auteur : Sebastian Barry
Littérature irlandaise
Traducteur : Florence Lévy-Paolini
Éditeur : Éditions Joëlle Losfeld
Nombre de pages : 256
Date de parution : 28 août 2014

Auteur :
Sebastian Barry, né le 5 juillet 1955 à Dublin, est un écrivain irlandais.
Souvent inspirées par des histoires de sa propre famille, les œuvres de Barry ont pour thèmes le mensonge, ou plutôt la vérité telle qu’elle est interprétée par chacun, la mémoire et les secrets familiaux. Leur décor est pour la plupart celui de l’Irlande au moment de son indépendance (1910-1930).

Présentation de l’éditeur :
L’Irlandais Jack McNulty est un «homme provisoire», tout comme l’ont été ses missions avec l’armée britannique durant la Seconde Guerre mondiale. En 1957, installé à Accra, en proie à l’angoisse et au ressassement, il décide de rédiger l’histoire de sa vie.
Homme ordinaire, aussi héroïque qu’insignifiant, Jack a été le témoin de choses extraordinaires. Il a travaillé et erré à travers le monde, tour à tour soldat, ingénieur, observateur de l’ONU. Son mariage avec Mai, la plus jolie fille de Sligo, est à la fois étrange et tumultueux, mais comme tout le reste, il finira par lui glisser entre les doigts…

Mon avis :
Tout commence par un naufrage, celui du navire de guerre qui emmène Jack McNulty, engagé dans l’armée britannique au Ghana en 1945. Un naufrage qui peut aussi qualifier la vie personnelle de cet irlandais que l’on retrouve en 1957 comme observateur de l’ONU à Accra. C’est là au Ghana qu’il s’est isolé pour écrire ses souvenirs, pour évoquer une nouvelle fois sa vie en Irlande et ailleurs, pour comprendre Mai,la femme de sa vie et peut-être pour mettre en évidence sa culpabilité dans ce naufrage familial.
Quand il rencontre Mai Kirwan en 1922, lui le grand rouquin banal, ne sait comment aborder cette belle fille intelligente, « multiple et compliquée« . Et pourtant, Mai accepte de l’épouser malgré la mise en garde de son père qui appelle Jack « le buveur de Sligo ».
Depuis Accra où il vit seul avec Tom Quaye, le boy que lui a recommandé son propriétaire, Jack sombre et distille petit à petit dans son journal les évènements qui ont mené sa famille à sa perte. Grand buveur de whisky et de bière, il donne ce goût à sa femme. La naissance du premier enfant, Maggie comble de joie les parents.
 » Aucune expérience au monde n’arrive à la cheville de l’instant où on découvre son premier enfant, son petit visage perdu dans un nid de couvertures minuscules. »
Mais très vite, les soirées arrosées, le goût du jeu conduisent Jack sur la mauvaise pente. Son seul recours est alors de s’engager dans l’armée britannique en pleine seconde guerre mondiale alors que l’Irlande veut absolument garder sa neutralité dans ce conflit.
 » Comment se fait-il que pour certaines personnes, l’alcool n’est qu’un prêt à court terme sur l’esprit et pour d’autres une lourde hypothèse sur l’âme?. Comment se fait-il que l’alcool provoque gaieté et enjouement chez beaucoup de buveurs, mais que quelques autres sombrent dans la morosité et l’oubli de soi, se retrouvent dépouillés de la moindre trace de bonheur, au point de battre leur enfant dans la neige? J’étais incapable de répondre à ces questions à l’époque et je le suis encore aujourd’hui. »

Sur fond historique, avec la fin de la guerre d’indépendance irlandaise puis la seconde guerre mondiale et les rivalités africaines, Sebastian Barry nous emporte une fois de plus sur le territoire du mélodrame personnel. Son style lyrique sublime certaines scènes comme cette description en une longue phrase de plus de deux pages d’un bombardement du hangar où Jack travaillait avec ses élèves sur l’apprentissage du déminage.
Même si le témoignage de cet homme brisé, laissant paraître le remords et l’amour inconditionnel pour Mai ne peut que nous toucher, je suis toutefois un peu moins séduite par ce récit que par les autres romans de l’auteur ( notamment Le testament caché).
La narration alternée entre ce qu’il écrit dans son journal et ce qu’il vit, la non linéarité m’ont parfois détachée du récit et ne m’ont pas permis de sentir la puissance de destruction de l’alcoolisme.

 » Il est très difficile de se souvenir de l’état d’ébriété car il s’agit véritablement d’une forme d’absence, d’un maelström qui efface le paysage. Peut-être que de l’extérieur, en regardant…Mais ce serait vraiment terrible de prétendre que je me sentais à l’extérieur de tout cela. J’étais complètement impliqué dans la bataille et tous les matins je savais que j’avais été cité à l’ordre du jour des grâces et disgrâces. Des grâces car parfois, aussi rarement qu’un jour de chaleur en Irlande, une sorte d’immense bonté descendait sur nous, Mai et Jack, et durant un petit moment nous portions le même uniforme et nous nous battions pour les mêmes puissances. Lorsque Mai prononçait des paroles rapides, inattendues, précieuses, de gentils petits riens en fait, peut-être provoqués par le gin, mais pour moi inestimables, malgré tout. »

rentrée

 

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