L’enfant des marges – Franck Pavloff

pavloffTitre : L’enfant des marges
Auteur : Franck Pavloff
Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages : 240
Date de parution : 21 août 2014

Auteur (source Editeur):
Franck Pavloff se définit comme un « écrivain de l’ailleurs », qui rend compte des exils intérieurs ou géographiques que les guerres, les drames, la corruption, le cynisme et l’intolérance ont engendrés. Psychologue Expert, il a fait des droits des enfants un combat. Il a également passé plus de quinze ans à faire aboutir des projets de développement communautaire à travers l’Afrique et l’Asie.

Présentation de l’éditeur :
Dans une Barcelone étourdie par la crise, vibrante de toute l’énergie d’une jeunesse qui refuse le monde tel qu’il est, un homme part à la recherche de son petit-fils adolescent. Lui-même a tout quitté : sa solitude, la paix et l’oubli qu’il croyait avoir trouvés au fin fond des Cévennes. Et voici que dans la capitale catalane bruyante et révoltée, où plane l’ombre des combattants de 36, c’est sa propre histoire qu’il rencontre et dont il peut enfin se libérer.
L’œuvre exigeante de Franck Pavloff, habitée par l’exil et la quête, révèle ici une dimension inédite. Un récit intime et singulier, qui parle d’errance et de renaissance, une émouvante ode à la vie.

Mon avis :
 » Le solitaire du haut des Gordes est un grand-père de soixante ans qui a perdu de vue Valentin lorsqu’il avait six ans à la mort de Simon son père, c’est à dire de son propre fils. Ioan qui se voudrait poussière de schiste et qu’un simple appel de Laura, la mère de Valentin, replace dans la lignée des hommes. »

Ioan est un ancien photographe célèbre, spécialiste des clichés de paysage de désolation. Jamais un visage, sauf une fois, celui d’un enfant qu’il n’avait pas vu. Il a tout abandonné à la mort de son fils, a quitté la Touraine pour les pierres des Cévennes. Il y vit seul comme « un bloc de granit hermétique aux souvenirs » avec pour seul voisin un vieil homme Justin qui  » s’y connaît en paraboles »
A l’appel de Laura qui l’ a rejeté à la mort de Simon, il part pourtant à Barcelone sur les traces de Valentin, ce petit fils d’à peine dix huit ans en rupture de lycée.
 » Que cherche-t-il à réparer en s’embarquant à l’aveuglette pour cette capitale porteuse de valeurs ambigües… »
En Espagne, il rencontre des personnages forts, marqués par le passé de la guerre civile, des jeunes insouciants squattant dans des « okupas« , indignés en révolte contre l’autorité.
Un site historique, La Rabassada, haut lieu de fusillade de républicains par des traitres franquistes ( traidors, un nom qu’il a beaucoup entendu dans la bouche de sa mère au sujet de son père), le confronte à son passé.
Laia, une handicapée dont les parents ont subi les tortures dans les geôles franquistes, l’aide à se diriger dans ce labyrinthe de Barcelone. Il y rencontrera aussi Palita, une équatorienne restauratrice de céramiques à la cathédrale de la Sagrada Familia. Chacune a ses cicatrices que Ioan finit par comprendre, peut-être sous la bienveillance de Justin qui l’encourageait toujours à s’ouvrir aux autres.
 » Bon sang petit, accepte que quelqu’un ait besoin de toi, sors de ta prison des murets, comprends que tu peux aussi donner, ça épongera ta peine, c’est même le seul remède pour la soulager, donne au lieu de quémander et tu deviendras plus libre qu’un prince.  »
Si Laia et Palita ont des lignées de femmes, Ioan, sur les traces de son petit-fils recompose sa lignée d’hommes. Il rend hommage à son fils en saluant la mer qui l’a englouti, l’histoire de son père le rattrape et Valentin saura peut-être que quelqu’un pense à lui.

«  On n’hérite pas de la faute de ses parents, pas plus que l’on ne détermine l’avenir de ses enfants. »

Franck Pavloff construit un roman sensible et intéressant où passé et présent multiplient les facettes de Barcelone. Chaque personnage a une histoire, une force, un trait de caractère sympathique et Ioan, fort d’une lecture d’un roman d’André Pieyre de Mandiargues, La marge, cherchera le visage de cet enfant (lui, son fils, Valentin ou un inconnu photographié sans le savoir) en marge d’une photo dans un paysage en rupture.

J’ai été agréablement surprise par la lecture de ce roman de la rentrée littéraire dont on parle peu. A tort, c’est une très belle lecture.

Coïncidence de lecture : Laia a un poster de Louise Michel et Orwell assène  » Depuis les Versaillais de Thiers, il y a eu les phalangistes de Franco, ici, t’es au courant? ». J’ai donc retrouvé le sujet de Aimons-nous les uns les autres de Catherine Clément, lu la semaine précédente. C’est fou, non?

rentrée nouveaux auteurs bac2014

 

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11 réflexions sur “L’enfant des marges – Franck Pavloff

  1. Un grand merci pour cette présentation. Je n’avais effectivement jamais entendu parler de ce roman ni de cet auteur mais les thématiques me plaisent beaucoup et ton avis est favorable, je le note !

  2. pas convaincu du tout de mon coté de cet enfant des marges – dont a dit beaucoup de bien dans télérama quand meme- j’ai trouvé l’histoire vraiment artificielle, les dialogues peu crédibles et une histoire de rédemption qui sentait vraiment le déja lu et en mieux je m’étais dit que le court récit sied bien mieux à Franck Pavloff…mais bon heureusement que tout le monde ne partageait pas mon avis :o)

    • Je n’avais pas encore lu Franck Pavloff, je ne peux donc pas comparer avec d’autres écrits.
      Il est vrai que j’ai lu de meilleures choses sur le sujet de la rédemption. Mais j’ai été touchée par les personnages tant par Ioan que par les autres (Justin, Laia, le vieux Vasquez).
      Ce n’est pas LE roman de la rentrée, c’est certain mais je pense qu’il mérite qu’on s’y intèresse.

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