Le roi disait que j’étais diable – Clara Dupont-Monod

dupont-monodTitre : Le roi disait que j’étais diable
Auteur : Clara Dupont-Monod
Éditeur : Grasset
Nombre de pages : 240
Date de parution : 20 août 2014

Auteur :
Clara Dupont-Monod est journaliste et écrivain. Le roi disait que j’étais diable est son sixième livre.

Présentation de l’éditeur :
Depuis le XIIe siècle, Aliénor d’Aquitaine a sa légende. On l’a décrite libre, sorcière, conquérante : « le roi disait que j’étais diable », selon la formule de l’évêque de Tournai…
Clara Dupont-Monod reprend cette figure mythique et invente ses premières années comme reine de France, aux côtés de Louis VII.
Leurs voix alternent pour dessiner le portrait poignant d’une Aliénor ambitieuse, fragile, et le roman d’un amour impossible.
Des noces royales à la seconde croisade, du chant des troubadours au fracas des armes, émerge un Moyen Age lumineux, qui prépare sa mue.

Mon avis :
«  Tu me voudras guerrier avant d’être roi. Je vois bien que pour toi, il y a de la noblesse à menacer la vie. Personne ne t’a appris la grandeur du langage et de la bienveillance. Et personne ne m’a appris, à moi, que l’on pouvait aimer quelqu’un qui vous détruit. »

Clara Dupont-Monod comble les vides de l’histoire en s’appuyant sur la chronologie des vies d’Alienor d’Aquitaine et de Louis VII. Deux êtres si dissemblables et qui vont pourtant se retrouver à la tête du royaume de France.
Chacun s’exprime alternativement sur cette union qui durera quinze ans, cette différence de caractère, les ambitions de l’un, les peurs de l’autre.
Louis sort du cloître où il était moine pour succéder à son père, à la mort de son frère aîné. Il n’est pas un homme d’action mais un négociateur. Son amour fou pour Aliénor le conduit à sa perte, s’opposant même à l’église et à l’abbé Suger qui le guide.
 » Alienor, tu m’as jeté vers les âmes damnées. »
Alienor est  » la fille la plus jolie et la moins docile de France« . Avec un grand-père blasphémateur et conquérant, elle est l’ennemie de Dieu et ne jure que par la violence et la guerre. Elle déteste l’innocence de son mari et complote tel « un serpent sous les pierres »

Clara Dupont-Monod use avec ce couple historique d’ un discours intemporel d’un homme et d’une femme qui ne savent pas s’aimer. Les points de vue alternant pourront lasser les lecteurs avides d’action. Mais la période de croisade en Orient se veut plus rythmée amenant aussi le couple à son point de rupture.
Puis, pour une nouvelle fois changer le rythme, un point de vue externe, celui de l’oncle d’Aliénor vient éclairer la relation du couple.

Clara Dupont-Monod se concentre sur la première partie de vie d’Aliénor (1137 à 1151) , celle de sa vie commune avec LouisVII jusqu’à sa rencontre avec Henri de Plantagenêt, futur roi d’Angleterre.

J’avais beaucoup aimé du même auteur La passion selon Juette, récit d’une jeune fille en pleine guerre cathare au XIIe siècle. Et je ne suis pas déçue avec ce nouveau roman sur fond historique qui met en scène un roi et une reine, mais surtout un couple en proie avec leurs contradictions, leurs passions et idéaux incompatibles.

Clara Dupont-Monod a cette facilité de prendre de grands moments d’histoire pour en faire des récits d’êtres humains de grande force, proches de nous mais bien ancrés dans leur contexte historique.

Je remercie la Librairie Nouvelle d’Orléans LNO  pour le prêt de ce livre.

rentrée

Coïncidence de lecture : La sœur d’Aliénor s’appelle Pétronille, comme dans le dernier roman d’Amélie Nothomb.

11 réflexions sur “Le roi disait que j’étais diable – Clara Dupont-Monod

  1. Je sors de chez LiliGalipette qui m’a donné une furieuse envie de découvrir enfin cette auteure et si c’est avec Aliénor (comme Sharon, je lui voue une passion depuis l’enfance), alors je sens que je vais craquer !!! Misère…

  2. Ce que je crains avec ce genre de roman, c’est la modernisation des personnage… restituer la psychologie d’un roi et d’une reine médiévaux, pas facile ; ou alors choisir de ne pas tenir compte de la cohérence psychologique…

  3. Alors moi tout me tentait dans ce livre et j’ai été vraiment déçue. J’avais acheté au préalable « la passion selon Juette » sans même faire attention qu’il s’agissait du même auteur. Je ne l’ai pas encore lu et j’espère qu’avec celui-ci je m’ennuierai moins.

    • Dommage! Comme je le dis dans ma chronique, la première partie est effectivement statique ( alternance des pensées de Louis et d’Alienor) mais les passions sont bien rendues, me semble-t-il.
      Et puis, viennent les ruptures avec la croisade puis le changement de point de vue.
      J’espère que La passion selon Juette te plaira davantage.
      Ensuite, je me suis rendue compte que j’avais lu aussi Nestor rend les armes. Celui-ci n’est pas historique mais aussi très original.

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