Dans la barque de Dieu – Ekuni Kaori

ekuniTitre : Dans la barque de Dieu
Auteur : Ekuni Kaori
Littérature japonaise
Traducteur : Patrick Honorré
Éditeur : Philippe Picquier
Nombre de pages : 208
Date de parution : février 2014

Auteur :
Née en 1964, Ekuni Kaori a écrit de nombreux livres pour enfants avant de passer à la littérature pour adultes. Elle est l’une des plus prolixes et des plus populaires femmes écrivains d’aujourd’hui. Également traductrice de romans américains.

Présentation de l’éditeur :
Yôko vit dans le souvenir de son seul amour, qui lui a donné sa fille Sôko. L’homme est parti avant de savoir qu’il allait être père, mais en affirmant qu’il reviendrait et la retrouverait où qu’elle soit.
Depuis, Yôko change de ville tous les ans, comme dans un jeu de cache-cache avec cet homme supposé être à sa recherche. C’est ainsi qu’elle vit «dans la barque de Dieu», remettant volontairement son destin entre les mains du hasard.
Mais quand Sôko demande à s’inscrire dans un lycée avec internat, Yôko sent la fragile construction de sa vie s’effondrer. Si sa fille la quitte, la seule preuve que sa vie et cet amour ne sont pas une illusion disparaît.
Ce roman élégant, subtil, mélancolique, alterne les voix de Yôko et de sa fille, comme deux visions féminines et décalées d’une même réalité: l’une, Sôko, qui découvre en même temps que la liberté les mensonges et l’irréductible étrangeté de sa mère, l’autre, Yôko, qui ne s’est jamais laissé apprivoiser par personne, si ce n’est par ce fugitif amour.

Mon avis :

 » La seule chose que je comprends, c’est que nous sommes des nomades, et que maman se croit dans « la barque de Dieu ». »

En 1997, Yôko a trente-cinq ans et elle vit seule avec sa fille de dix ans Sôko. Elle donne des cours de piano et travaille souvent la nuit comme serveuse dans des bars.
Yôko vit dans le passé et dans l’espoir de retrouver un jour son seul et unique amour, « un amour à vous faire fondre les os ». En attendant, elle déménage souvent de peur de s’attacher à un endroit où il n’est pas et élève sa fille dans cet aveuglement.
Sôko s’adapte tant qu’elle est une enfant, regrettant tout de même de quitter ces camarades d’école qu’elle peine à rencontrer. Avec l’éveil de l’adolescence, elle comprend l’univers fermé de sa mère :
«  les cigarettes, le café et les chocolats sont son alimentation de base, le travail est son tranquillisant, papa est sa raison de vivre, et moi, je suis son trésor » et  affirme enfin qu’elle veut vivre dans la réalité.

Dans ce récit à deux voix, Ekuni Kaori nous fait vivre dans le passé de Yôko, comprendre son adolescence, son mariage avec M. Momoi et sa passion aveugle pour cet homme inconnu qui lui a promis de la retrouver où qu’elle soit. La voix de Sôko évolue de l’enfance dorée auprès d’une mère si belle et aimante à l’éveil de l’adolescence et l’envie d’être autre chose que l’image d’un père absent ( elle avait le même os du front, la même colonne vertébrale).

Yôko me touche par sa fragilité et son amour inconditionnel d’un homme idéalisé. Sôko a la douceur de l’enfance puis la lucidité nécessaire pour mener sa propre vie en gardant toujours le respect et l’amour pour sa mère

Les romans japonais ont cette agréable sensation de paix, de joie contenue même dans les récits nostalgiques et mélancoliques. Le livre est porté par la musique de Yôko, par la sérénité des sanctuaires shintô, par les promenades en bord de mer, les petites choses de la vie au Japon.

 » Je monte le long escalier en pierre du sanctuaire shintô.
Ce sanctuaire est l’un de mes endroits pr
éférés dans cette ville. C’est silencieux, il n’y a jamais personne. Et pourtant, l’endroit est toujours balayé et lavé de frais, purifié. Pendant l’été, le feuillage est dense, il y fait frais et agréable, je viens souvent m’y promener. En haut et en bas de l’escalier, à chaque extrémité, il y a un torii décoré d’une corde rituelle shimenawa, le torii du bas est normal, en pierre de couleur grise, sec au toucher. En revanche, celui du haut est recouvert de mousse, couleur thé vert macha.
Je le tiens droite entre les deux lions komainu et je joins les mains. Mais je ne jette pas de pi
èce dans la boîte à offrandes.
Je ne suis pas particuli
èrement attirée par la dévotion, mais je ne sais pas, cela m’apaise de faire cela. Au loin, un corbeau pousse un cri.
Je n’ai jamais regrett
é. Ni d’avoir épousé M. Momoi, ni d’avoir aimé le père de Sokô.
Je ne regrette rien, mais il m’arrive d’avoir peur soudain. Me voil
à enfoncée si loin maintenant.
J’aime le paysage que l’on voit du haut de l’escalier de pierre. Rien ne vient couper la vue, on voit jusqu’aux montagnes au loin. Le ciel, la nature, la route en ciment, les toits
éparpillés. »

 Voici donc un livre dont on parle peu mais qui mérite le détour.

Je remercie LNO pour la découverte de ce livre dans le cadre du Club de Lecture des Blogueurs.

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