La maison atlantique – Philippe Besson

bessonTitre : La maison atlantique
Auteur : Philippe Besson
Éditeur : Julliard
Nombre de pages : 234
Date de parution : janvier 2014

Auteur :
Depuis Son frère, publié en 2001 et adapté dans la foulée par le réalisateur Patrice Chéreau, Philippe Besson, auteur entre autres de L’Arrière-saison et de Une bonne raison de se tuer, est devenu un des auteurs incontournables de sa génération. Il a par ailleurs écrit le scénario de Mourir d’aimer (2009), interprété par Muriel Robin, de La Mauvaise rencontre (2010) avec Jeanne Moreau, ou de Nos retrouvailles (2012) avec Fanny Ardant.

Présentation de l’éditeur:
« J’ai souvent repensé à la mise en place du piège qui allait se refermer sur nous. À cet étrange ballet à quatre, dans lequel parfois s’immisçait un étranger. À ces va-et-vient d’une maison à l’autre, du jardin à la chambre, de la fraîcheur de la véranda à la chaleur de la plage ; ces déplacements infimes que nous accomplissions et qui tissaient à leur manière une toile ou nous allions nous empêtrer. À cette langueur de juillet, lorsqu’on succombe à la paresse et que le désir s’insinue. À ces abandons progressifs : de la morale, du discernement, du sens commun.
Nous aurions pu facilement tout empêcher mais aucun d’entre nous n’a pris la décision d’arrêter la machine folle. Aucun d’entre nous n’y a songé. »

Mon avis :
Dès le départ, le ton est donné. C’est un orphelin qui prend la parole. Sa mère est morte quand il avait seize ans et il a perdu son père à dix huit ans.
Dix huit ans, l’année du bac où il se voit contraint de passer ses vacances avec son père dans une maison familiale, héritage de la mère au bord de l’Atlantique. Même si il préférait partir avec ses copains dans le Sud, il accepte cette volonté de retrouvailles d’un père qui n’a jamais été présent. Grand avocat, égoïste, ambitieux, il a rendu sa femme malheureuse par ses infidélités et le jeune homme le tient responsable de la mort de sa mère. Conflit de génération et rancœur d’enfance, l’ambiance estivale risque d’être électrique.
Et c’est par cette jeune vacancière, Cécile qui loue la maison voisine avec son mari Raphaël que le scandale arrive. Une belle jeune femme qui s’ennuie un peu dans une vie de couple monotone, un prédateur à l’affût de chair fraîche, l’adultère est inévitable. Face à cette nouvelle incartade qui remet en mémoire toute l’hypocrisie du père et la souffrance de la mère, le jeune garçon tente de trouver un peu de chaleur dans des amours de vacances. Mais la mèche est allumée et l’explosion est imminente.
J’ai souvent regretté chez cet auteur une langueur insupportable de ses personnages, un fondu doucereux trop appuyé. Pour une fois, il me semble que cela convient bien à ce jeune garçon et à l’ambiance de cette maison atlantique. Période et lieu de vacances propice à la légèreté et aux amours passagères et surtout nonchalance, fragilité mais aussi rébellion d’un caractère adolescent.
Des le départ, l’ambiance est donnée et cette période de vacances sera cruciale.
 » Depuis j’ai appris à aimer ce moment où les cuirasses tombent, où les fragilités se dévoilent, où les destins bifurquent. »
Pourtant, en nous dévoilant l’issue fatale dès le début du récit, l’auteur nous prive d’une partie du drame. Il ne nous reste qu’à apprécier l’évolution prévisible des personnages au cours de cet été meurtrier.

Je remercie La Nouvelle Librairie d’Orléans pour le prêt de ce livre.

rentrée 14 bac2014

 

17 réflexions sur “La maison atlantique – Philippe Besson

  1. Il y avait tous les ingrédients pour accrocher mais justement, ces « dévoilages » rapides m’ont coupé l’envie et j’ai trouvé le style pompeux ! Je n’ai pas aimé cette première rencontre avec cet auteur…

    • Je n’accroche pas trop non plus au style ( plutôt au ton) de l’auteur. Certains m’ont conseillé de retenter avec ce titre. C’est fait. C’est mieux que le précédent mais il me manque toujours quelque chose.

    • L’évolution prévisible…et non visible. Parce que l’adolescent part en vacances avec résignation mais acceptation et il finit avec une haine renouvelée envers son père.
      Cécile finit par accepter « qu’on renverse les meubles de sa vie » et la nature profonde du père revient vite au galop.
      Prévisible, Alex…c’est aussi visible mais ce n’est justement pas assez complexe et mis en valeur.

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