Un tout petit rien – Camille Auseaume

anseaumeTitre : Un tout petit rien
Auteur : Camille Anseaume
Éditeur : Kero
Nombre de pages : 252
Date de parution : 10 février 2014

Auteur :
Camille Anseaume est journaliste. Elle tient également le blog Café de filles, élu blog coup de cœur de la rédaction de Elle. Elle signe avec Un tout petit rien son premier roman.

Présentation de l’éditeur :
« On n’a ni projets ni même le projet d’en avoir. Le plus gros engagement qu’on ait pris ensemble, c’était de se dire qu’on s’appellerait en fin de semaine. C’était quand même un mardi. On s’aime surtout à l’horizontale, et dans le noir, c’est le seul moment où on n’a plus peur de se faire peur, où on ose mélanger nos souffles sans redouter que l’autre se dise que ça va peut-être un peu vite. C’est beaucoup plus que sexuel, c’est beaucoup moins qu’amoureux. C’est nos culs entre deux chaises, c’est suffisant pour faire semblant de faire des bébés, pas pour en avoir. »
Avec un humour et une justesse remarquables, Un tout petit rien raconte l’histoire d’un choix. Le choix que fera une jeune femme enceinte de l’homme qui partage ses nuits, mais pas beaucoup plus. Un très joli roman, aussi intime qu’universel, sur le passage mouvementé d’une existence à une autre.

Mon avis :
Journaliste et blogueuse, Camille Anseaume a cette fluidité d’écriture qui vous embarque sans aucune peine jusqu’à le fin du récit.
Avec un style moderne, qui n’est pas celui que je préfère mais qui ravira grand nombre de lecteurs, maniant l’humour, la tendresse et la réflexion dans un registre lexical bien choisi, l’auteur traite un sujet de grande actualité puisqu’il s’agit de grossesse non désirée et du recours à l’avortement suite à situation de détresse.
Les confidences de Camille commence au jour de la conception jusqu’à la réalisation de son choix. Au début, il y a le doute jusqu’aux différentes étapes de confirmation puis la rage contre une capote trouée et un père qui se défausse. Ensuite vient la période du choix jusqu’à la date fatidique des 12 semaines légales. Pendant ce temps, il y a une femme de vingt cinq ans qui découvre qu’elle porte un enfant d’un homme que l’on sent aimé même si il n’assume pas.
 » Je suis tombée raide dingue d’un têtard qui deviendra mon enfant. »
Elle doit faire face à la peine de ses parents, surtout sa mère qui sait ce qu’est la perte d’un bébé.
 » Faire le choix de poursuivre cette grossesse, c’était me désolidariser, ne pas saisir sa main tendue, ignorer ses appels silencieux qui me suppliaient de la rejoindre dans le vide infini qu’avait créé en elle la sensation de donner la mort, alors qu’elle devait donner la vie. »
Camille vit au quotidien les airs contrits des amis et collègues qui n’osent pas avouer leur gêne face à cette jeune femme dans « cette situation« .
Jour après jour, sans jamais ou très rarement craquer de fatigue ou de rage, Camille nous fait vivre ses doutes, ses choix, ses sourires auprès de ses sœurs ou amies, ses difficultés avec ses parents, sa tendresse pour ce petit rien qui grandit en elle.

C’est beau, c’est tendre, c’est frais et c’est un thème de grande actualité qui intéressera surtout les lectrices qui ne peuvent manquer de retrouver certaines situations vécues.

 » Et avant d’envoyer, je joins une image sur laquelle on peut lire une citation de Milan Kundera:  » Un évènement n’est pas disqualifié par son caractère accidentel, au contraire c’est le hasard qui lui donne sa beauté, sa poésie. »

rentrée 14

Publicités

15 réflexions sur “Un tout petit rien – Camille Auseaume

  1. J’aime beaucoup la citation de Kundera, parfaitement adaptée au sujet mais un peu moins l’extrait que tu as mis : ça me semble un peu bateau et cliché, revu et rebattu ! Comme tu dis, pour celles qui ont vécu ça…

    • Le premier extrait (simple phrase) vise surtout à montrer le ton moderne et teinté d’humour d’une jeune auteure.
      Le second extrait montre le type de dilemme que peut rencontrer cette jeune femme. Ce n’est pas justement que des hésitations futiles.
      L’originalité est dans le ton, la fraîcheur, le recul face à cette situation.

  2. J’aime beaucoup son blog mais j’ai un peu peur que ce style ne me parle plus beaucoup une fois transposé dans le cadre d’un roman… Tu n’es pas la première à dire du bien de ce premier ouvrage cependant, je me laisserai volontiers tenter si ma bibliothèque en fait l’acquisition.

    • Comme je le dis dans ma chronique, ce style moderne n’est pas celui que je préfère. Mais même sur la longueur cela se lit bien.
      Maintenant, c’est un roman facile qui ne restera pas dans ma mémoire.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s