Le bonheur conjugal – Tahar Ben Jelloun

ben jellounTitre : Le bonheur conjugal
Auteur : Tahar Ben Jelloun
Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 368
Date de parution : 22 août 2012

Présentation de l’éditeur :
Casablanca, début des années 2000. Un peintre, au sommet de sa gloire, se retrouve du jour au lendemain cloué dans un fauteuil roulant, paralysé par une attaque cérébrale. Sa carrière est brisée et sa vie brillante, faite d’expositions, de voyages et de liberté, foudroyée.
Muré dans la maladie, il rumine sa défaite, persuadé que son mariage est responsable de son effondrement. Aussi décide-t-il, pour échapper à la dépression qui le guette, d’écrire en secret un livre qui racontera l’enfer de son couple. Un travail d’auto-analyse qui l’aidera à trouver le courage de se libérer de sa relation perverse et destructrice. Mais sa femme découvre le manuscrit caché dans un coffre de l’atelier et décide de livrer sa version des faits, répondant point par point aux accusations de son mari.
Qu’est-ce que le bonheur conjugal dans une société où le mariage est une institution? Souvent rien d’autre qu’une façade, une illusion entretenue par lâcheté ou respect des convenances. C’est ce que raconte ce roman en confrontant deux versants d’une même histoire.

Mon avis :
Le bonheur conjugal n’est pas  facile à atteindre surtout lorsque le mari est un artiste célèbre qui a besoin d’inspirations et de solitude pour sa peinture et la femme une jeune berbère de culture différente et issue d’un milieu pauvre et rural.
De santé fragile, le peintre fait un AVC qui le laisse paralysé et maintenant une simple mouche posée sur le nez devient une torture dont il ne peut se débarrasser.  Curieuse image un peu cruelle pour symboliser cette femme bien plus jeune que lui et autrefois aimée devenue une harpie jalouse et impitoyable.
Après un coup de foudre pour la belle jeune femme et un mariage précipité qui met en évidence le fossé culturel entre les deux familles, les accrochages de la vie de couple s’enchaînent. Pertes des illusions, fuites vers des maîtresses pour lui et vers des amies  ou la famille pour elle.
Difficile de faire la part des choses dans ce genre d’affaire, chacun exposant sa version, chacun ayant ses reproches.
Le peintre se confie en premier. Amoindri par son accident vasculaire, humilié par le handicap, aimé de nombreuses femmes ( attrait de la célébrité ou véritable charisme) et même de cette très jeune infirmière, Imane, l’homme pourrait me convaincre si il ne rejetait pas ce qu’il a adoré, méprisant les croyances des gens des montagnes, reprochant le manque d’éducation des jeunes immigrants de la famille de sa femme.
En découvrant la version manuscrite de son mari, Amina donne sa version de cette histoire de désamour. Et « la trahison est une chose terrible, une humiliation insupportable. » . Elle devient une femme blessée qui mobilise tout son être pour se venger.
C’est toujours avec un style agréable et fluide que l’auteur nous fait découvrir des récits très humains, nous faisant découvrir la culture marocaine (arts, paysages, différences culturelles, vies des femmes).
Toutefois, avec ce thème universel traité en deux versions un peu inégales, j’ai plutôt assisté à un règlement de comptes qu’à une analyse poétique et sensible du désamour.
 » Le mariage n’est rien d’autre qu’une déclaration de guerre célébrée en musique, avec de la bonne nourriture, des parfums, des encens, des beaux habits, des promesses, des chants,etc. »

 » La défaite commence à partir du moment où l’adversaire parvient à vous faire douter de vous-même jusqu’à ce que vous vous sentiez coupable et soyez prêt à agir selon sa volonté, et à vous plier à ses exigences. »

J’ai lu ce livre en lecture commune avec Nath. Retrouvez son avis sur Le coin lecture de Nath.

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15 réflexions sur “Le bonheur conjugal – Tahar Ben Jelloun

  1. Pingback: Challenge "Marry me !" by George |

    • C’est sûrement dommage que mon avis soit un peu le reflet de mes conceptions. Mais je pense avoir été effectivement influencée par le fait que je n’approuve pas vraiment la conduite de ce peintre. Mais un auteur a son univers, un lecteur aussi.
      Ce qui ne m’empêche pas d’apprécier le style et l’oeuvre de l’auteur.

  2. Merci pour ta participation au challenge. J’ai eu une expérience guère réussie avec un roman de Ben Jelloun, et depuis je n’ai plus rien lu de lui, j’ai sans doute tort même si ton avis sur ce roman a tendance à me conforter de ma première idée 😉

  3. J’avais découvert ce roman en avant-première de rentrée littéraire grâce à Libfly et je l’avais adoré. J’en garde un souvenir précis d’une prose riche et nourrie par deux personnages ambigus et torturés.

    • Ce point, quoique bien traité n’est pas l’essentiel du roman. Et je trouve parfois le peintre un peu dur avec les gens des montagnes peu éduqués. On sent aisément les deux types de population.
      Mais c’est un roman à lire.

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