Une terre d’ombre – Ron Rash

rashTitre : Une terre d’ombre
Auteur : Ron Rash
Littérature américaine
Traducteur : Isabelle Reinharez
Nombre de pages : 252
Date de parution : 2 janvier 2014

Auteur :
Né en Caroline du Sud en 1953, Ron Rash est un poète, auteur de cinq recueils de nouvelles et de cinq romans, tous lauréats de prestigieux prix littéraires.

Présentation de l’éditeur :
Laurel Shelton est vouée à une vie isolée avec son frère — revenu de la Première Guerre mondiale amputé d’une main —, dans la ferme héritée de leurs parents, au fond d’un vallon encaissé que les habitants de la ville considèrent comme maudit : rien n’y pousse et les malheurs s’y accumulent. Marquée par ce lieu, et par une tache de naissance qui oblitère sa beauté, la jeune femme est considérée par tous comme rien moins qu’une sorcière. Sa vie bascule lorsqu’elle rencontre au bord de la rivière un mystérieux inconnu, muet, qui joue divinement d’une flûte en argent. L’action va inexorablement glisser de l’émerveillement de la rencontre au drame, imputable exclusivement à l’ignorance et à la peur d’une population nourrie de préjugés et ébranlée par les échos de la guerre.
La splendeur de la nature, le silence et la musique apportent un contrepoint sensible à l’intolérance, à la xénophobie et à un patriotisme buté qui tourne à la violence aveugle.
Après Le Monde à l’endroit (Seuil, 2012), Une terre d’ombre prolonge une réflexion engagée par l’auteur sur la folie guerrière des hommes, tout en développant pour la première fois dans son œuvre romanesque une histoire d’amour tragique qui donne à ce récit poignant sa dimension universelle.

Mon avis :

Une terre d’ombre, c’est celle de ce vallon maudit qui voit rarement le soleil,  caché par cette immense falaise de granit. Mais l’ombre, c’est aussi celle qui plane sur le lecteur averti dès le prologue d’une découverte macabre au fond d’un puits.

Depuis la mort de leurs parents, Laurel et Hank Shelter vivent dans cette ferme avec pour seul voisin le vieux Slidell Hampton. Ce vieux sage a lui aussi vu sa famille décimée lors de la guerre de Sécession. Tous trois sont rejetés par les habitants de Mars Hill qui les craignent comme des pestiférés. Si Hank commence à gagner le respect des autres grâce à son courage et surtout à son retour de la guerre en Europe avec une main en moins, Laurel reste pour tous une sorcière à la peau marquée d’une vilaine tache de naissance.
L’arrivée de cet étrange joueur de pipeau muet dans le vallon donne tous les espoirs à cette jeune femme rêveuse et généreuse. Son passé mystérieux en fait un personnage ténébreux, solitaire qui saura toucher le romantisme de Laurel.
Aussi calme et perdu que soit le vallon, la ville de Mars Hill n’en paraît que plus agitée surtout par les échos de cette guerre, les retours des jeunes enrôlés aux corps esquintés, les bravades des faux héros comme Tillman Estep et des jeunes planqués comme Chauncey Feith, agent recruteur.
Dans ce cadre de nature sauvage si cher à l’auteur, et si bien mis en valeur par un style imagé et vibrant, Ron Rash met en opposition le monde simple familial et chaleureux de Laurel et Hank Shelter et celui des villageois haineux qui n’attendent que le prétexte de la guerre et de vieilles légendes  pour régler les conflits et focaliser leur violence et leur bêtise sur des étrangers.

Après Un pied au paradis et Le monde à l’endroit, Ron Rash m’a une fois de plus enchantée avec cet attachement à une terre familiale qui déchaîne passions et rivalités entre des personnages marqués par le destin, avec comme chaque fois une forte et envoûtante présence de la nature.

rentrée 14

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13 réflexions sur “Une terre d’ombre – Ron Rash

  1. Je l’ai trouvé magnifique. Vraiment un de mes coups de coeur de la rentrée. Rien n’arrête la bêtise humaine, rien n’arrête la haine. On sait d’emblée comment ça va finir, le tout est de savoir comment, et quand vient la fin…. Bref, joli billet!

    • J’hésite encore à le classer en coup de coeur mais il en est très proche. Il y a toujours dans les romans de cet auteur une ambiance très « enveloppante ». Je ne raterai pas un de ses livres.

  2. Pingback: Ron Rash, Une terre d’ombre | Lettres exprès

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