Le colonel et l’appât 455 – Fariba Hachtroudi

hachtroudiTitre : Le colonel et l’appât 455
Auteur : Fariba Hachtroudi
Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages :
Date de parution : janvier 2014

Auteur :
Petite-fille du Cheikh Esmaïl Hachtroudi, leader religieux extrêmement respecté en Iran, député au Parlement qui a participé à la Constitution de 1906 et défendu laïcité et tolérance, Fariba Hachtroudi est la fille du grand mathématicien et philosophe Mohsen Hachtroudi, nobélisable et grande autorité morale qui prônait l’égalité entre hommes et femmes.
Née en Iran, elle vit en France depuis son adolescence. Après un doctorat d’archéologie elle devient journaliste, couvrant la guerre Iran-Irak et publiant de nombreux reportages sur l’Iran et les droits des femmes.

Présentation de l’éditeur :
Elle était « l’appât 455 », la plus célèbre prisonnière d’une impitoyable République théologique. Lui, un des colonels les plus proches du Commandeur suprême. Lorsqu’ils se retrouvent, des années plus tard, loin de leur pays, une relation étrange et ambiguë se noue entre eux. Leur passé resurgit, mais aussi la violence perverse du système dictatorial dans lequel ils ont vécu et la passion amoureuse qui les a conduits à l’exil.
Dans ce roman aussi subtil qu’envoûtant, Fariba Hachtroudi, romancière et journaliste née en Iran, Grand Prix des droits de l’homme 2001, explore comme dans une tragédie antique l’engrenage totalitaire qui veut broyer les êtres et le pouvoir infini de l’amour.

Mon avis :
Le colonel ou l’appât 455 montre deux formes d’aliénation, celle du pouvoir et de l’amour.
 » La torture, à l’instar de l’amour, brise, déforme et transforme. »
Le colonel, vaillant combattant de l’armée du Seigneur, progresse rapidement dans la hiérarchie des services du Commandeur suprême de la République théologique. Cet engagement qui a parfois servi sa femme, grande scientifique du pays, devient aujourd’hui pour elle inacceptable. Lorsqu’elle visionne les tortures subies par l’appât 455, prisonnière récalcitrante de la prison Devine, elle somme son mari de choisir entre elle et ce tortionnaire.
Nous retrouvons ainsi Le colonel en demandeur d’asile dans un pays nordique, en exil depuis cinq ans, toujours plus amoureux de sa femme restée au pays. Lorsqu’il rencontre l’appât 455 en tant que traductrice lors d’un nouvel entretien au bureau des demandeurs d’asile, le choc est fort pour ces deux passionnés meurtris par un pays et par la perte d’un amour qui les a toujours guidés.
Car si l’appât a si bien résisté aux tortures et à l’humiliation c’est grâce à la force de son amour pour Del, opposant emprisonné. Et si Le Colonel est enfin parvenu à se libérer du joug du Commandeur, c’est uniquement pour gagner le respect de sa femme.
 » Je n’avais jamais vu un homme aussi amoureux. Il n’avait qu’une obsession, que sa femme soit fière de lui. »
Cet amour passionnel, obsessionnel est une des plus belles expressions de ce roman. D’autant plus qu’il fait face au cynisme d’une scientifique qui n’a d’autres Dieux que ses étoiles.
L’auteur alterne les confidences du Colonel et de la traductrice. D’emblée, le récit du Colonel passe par le biais de sa femme, la faiblesse de son armure, son talon d’Achille. Il s’adresse à elle pour nous raconter son passé. La traductrice, elle, est meurtrie par son passé de prisonnière, ce qui se comprend aisément au récit des tortures subies. Seulement, j’ai eu un peu l’impression de tourner en rond autour des confidences avec de nombreuses répétitions sur le détail des tortures et sur  cette ode à l’épouse. Puis le récit prend plus de consistance avec d’autres personnages que je regrette de ne pas avoir connus davantage, notamment Vima cette femme ambitieuse, Del cet opposant poète ou Youri le compagnon de chambre du Colonel.

Globalement, par le style indirect et la construction  dénonçant les dérives d’un pouvoir extrémiste et s’engouffrant dans les affres de la passion, je n’ai pas réussi à m’inscrire dans cette histoire.

rentrée 14

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9 réflexions sur “Le colonel et l’appât 455 – Fariba Hachtroudi

      • Oui, mais en fait, euh… Ben c’est moi qui enregistre les candidatures pour le comité de lecture en France et le livre fait partie du premier lot qu’on a reçu des éditeurs 🙂
        Oui, c’est un prix de « fin d’année » en effet 🙂

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