De là, on voit la mer – Philippe Besson

bessonTitre : De là, on voit la mer
Auteur : Philippe Besson
Éditeur : Julliard
Nombre de pages : 204
Date de parution : 3 janvier 2013

Auteur :
Depuis Son frère, publié en 2001 et adapté dans la foulée par le réalisateur Patrice Chéreau, Philippe Besson, auteur entre autres de L’Arrière-saison et de Une bonne raison de se tuer, est devenu un des auteurs incontournables de sa génération. Il a par ailleurs écrit le scénario de Mourir d’aimer (2009), interprété par Muriel Robin, de La Mauvaise rencontre (2010) avec Jeanne Moreau, ou de Nos retrouvailles (2012) avec Fanny Ardant.

Présentation de l’éditeur :
Une villa en Italie, le soleil trop fort, des ferries qui font la traversée vers les îles, une romancière qui peine à finir un livre, un jeune officier de l’Académie navale, un accident de voiture à des centaines de kilomètres, l’enchaînement des circonstances, la réalité qui rejoint la fiction, la fin d’un amour, le commencement d’un autre peut-être.
Dans ce roman plus personnel qu’il n’y paraît, l’auteur de L’Arrière-Saison dresse le portrait d’une femme puissante et de deux hommes fragiles, en proie à des hésitations sentimentales.

Mon avis :
 » A quoi reconnaît-on qu’on est amoureux? A la morsure du manque? Au besoin d’être avec l’autre, plus souvent que le temps imparti? A la pensée qui vagabonde? Au seul fait qu’on se pose la question? »
Louise est une écrivain reconnue.  » L’écriture prend toute la place » . François, son mari depuis dix ans, a bien dû l’accepter. D’ailleurs, il est prêt à tout pour la garder. Il accepte ses silences, ses fuites, son refus de maternité.
Louise croit en l’instant, aux petites choses de la vie qui font basculer le quotidien. Elle se projette dans ses livres ou ses livres sont le pressentiment de son futur. Lorsqu’en Italie où elle s’est exilée pour écrire, elle rencontre Luca, le fils de la gouvernante, elle voit en lui le jeune homme que rencontre cette veuve en devenir qui est l’héroïne de son roman. Elle succombe à sa jeunesse, il pourrait être son fils.
«  il y a des moments dans une existence où on demande la vérité alors qu’on présume qu’elle va nous heurter. Des situations dans lesquelles on renonce au confort de l’ignorance, aux vapeurs anesthésiantes de l’incertitude et où on prend le risque du réel, de la dureté du réel. »
Louise doit choisir entre l’ habitude rassurante d’un couple qui ne parle plus que du temps et la fougue de la jeunesse. Entre un jeune homme qui craint encore le jugement de sa mère et un cinquantenaire blessé qui porte « si haut l’art du compromis« .
Les personnages sont suffisamment complexes pour être intéressants. Louise, en femme égoïste, déterminée et implacable laisse entrevoir des doutes. François paraît un être faible, résigné devant sa femme et fait pourtant preuve de force voire de folie pour retrouver l’amour de sa vie. Luca a la liberté, la franchise de la jeunesse mais il grandit vite en assumant ses actes.
Le roman commence dans la douceur caniculaire de l’Italie et le style possède cette langueur qui me laisse un peu en retrait. Ensuite, la conversation décisive entre François et Louise est constituée de phrases très brèves, classiques, franches qui alternent avec une analyse presque grammaticale de ces quelques mots. Le déséquilibre et la fragilité de Louise ma paraissent ensuite plus touchants mais dans l’ensemble je suis tout de même restée en marge de cette passion d’une femme quarantenaire « sans hésitation« .
 » Louise songe qu’elle écrit des livres sur la fragilité, le désir, le vacillement, et finalement l’équilibre. »

J’avais déjà un avis assez neutre sur Un instant d’abandon et La trahison de Thomas Spencer. Question de style.
J’ai lu ce roman en tant que juré du prixocéans.

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15 réflexions sur “De là, on voit la mer – Philippe Besson

  1. Je n’ai pas lu celui-ci mais son dernier et je te trouve bien gentille avec lui ! Son style est aussi pédant que lui (je l’ai vu à LGL)… un peu d’humilité (dans sa façon d’écrire) ne nuirait pas au fond…

    • J’ai dû le ressentir car je n’accroche pas au style. J’ai lu une bonne critique dernièrement sur son dernier roman mais suite à ta remarque, je vais attendre d’autres avis. De toute façon, j’ ai beaucoup d’autres choses à lire en ce moment.

    • Tu as le choix car il a une belle bibliographie. Il paraît que le dernier, La maison atlantique, est pas mal.
      J’ai lu deux autres titres mais je n’ai jamais eu vraiment d’enthousiasme pour son univers.

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