Ce qui n’est pas écrit – Rafaël Reig

reigTitre : Ce qui n’est pas écrit
Auteur : Rafaël Reig
Littérature hispanique
Traducteur : Myriam Chirousse
Éditeur : Métailié
Nombre de pages : 240
Date de parution : 16 janvier 2014

Auteur :
Rafael REIG est né à Cangas de Onís (Asturias) en 1963. Il a vécu son enfance en Colombie avant de revenir étudier à Madrid. Il a enseigné la littérature aux États-Unis et s’est récemment installé comme libraire.

Présentation de l’éditeur :
Carlos emmène son fils Jorge en montagne pour un week-end entre hommes, c’est sa mère qui l’élève et il le voit très peu. Il le trouve étrange, trop rond, trop bébé pour ses quatorze ans, bref il est déçu par cet ado renfermé et maladroit dont il veut faire un homme, un vrai. Mais dès le début de la balade c’est Carlos qui découvre ses limites physiques et son incapacité à communiquer avec son enfant. Le séjour s’annonce difficile, surtout qu’au chalet les attend la nouvelle petite amie de Carlos, qu’il ne l’a pas dit à son fils et qu’elle n’est pas un modèle de discrétion.
Carmen restée en ville tombe sur un manuscrit laissé chez elle par Carlos, un polar scabreux et terriblement efficace ; peu à peu elle y voit de drôles de ressemblances avec la réalité, des prémonitions macabres, des menaces à peine voilées contre elle ou contre son fils. L’angoisse monte, les sous-entendus se multiplient. Elle tente d’appeler Jorge, mais Carlos a confisqué son téléphone. Désespéré et humilié le garçon s’enfuit dans la forêt et disparaît…
On ne lâche plus ce roman parfaitement noir où tout le monde, lecteur inclus, s’échine à lire entre les lignes « ce qui n’est pas écrit », et s’imagine le pire. Thriller psychologique basé sur les rancœurs et les frustrations, se déployant dans une nature inquiétante sur une trame de film d’horreur habilement construite, ce texte confirme la virtuosité stylistique et l’inventivité narrative de son auteur.

Mon avis :
Dans ce roman, Rafael Reig souhaite montrer les rôles de l’auteur et  du lecteur.
 » Celui qui écrit a le pouvoir, celui qui lit se soumet. »
J’avoue que l’auteur m’a bien fait sentir qu’il menait le jeu, détenait le dénouement et moi, pauvre lectrice, j’étais soumise à tourner les pages pour comprendre enfin où il voulait nous emmener. En plus, ce petit malin ajoute des définitions de mots croisés en fin de chapitre avec la solution en début de chapitre suivant. Les cruciverbistes sont enchaînés.
Jorge, quatorze ans part en randonnée avec son père Carlos. C’est la première fois que les deux hommes se retrouvent seuls depuis le divorce un peu houleux des parents sept ans plus tôt.
Carmen, la mère qui travaille dans l’édition se retrouve donc seule pour le week-end avec tout de même un manuscrit à lire. Mais par n’importe lequel, c’est celui que son ex-mari lui a laissé en évidence avant d’emmener Jorge.
Le troisième plan est le sujet du manuscrit, une histoire d’enlèvement d’une jeune femme par un groupe d’hommes violents et lubriques.
L’auteur alterne ces trois récits. Celui assez sordide de l’enlèvement dans le roman de Carlos et ceux  d’une part des difficultés de communication entre Jorge, peu dégourdi et un père viril qui peut être violent sous l’emprise de l’alcool, et d’autre part de l’angoisse de Carmen qui trouve beaucoup de ressemblances entre son ex-mari et un des ravisseurs de  son roman.
«  Peut-être qu’elle n’était pas en train de lire ce roman, ce qui était écrit, mais qu’elle en rajoutait. »
L’auteur pousse son idée jusqu’au final avec une incursion du roman dans la réalité et une fin ouverte qui laisse peut-être enfin un choix au lecteur.
Si la construction et l’idée du roman dans le roman sont assez géniales, j’ai eu plus de mal à me réjouir du style. Bien évidemment, Carlos est un piètre écrivain et son roman sombre souvent dans les bassesses du roman noir vulgaire avec des effets de style grossiers (  » comme d’un mur mal ravalé, il s’était détaché d’elle le crépi de l’arrogance, le plâtre de l’orgueil, la chaux vive de la confiance en soi… »). Peut-être sont-ce des effets de traduction, mais j’ai souvent grimacé sur certaines comparaisons ou certains registres lexicaux.
Ce roman est donc intéressant pour sa mise en abîme, pour identifier les rôles de l’auteur et du lecteur. La montée progressive de l’angoisse et la construction m’ont facilement pris en otage mais le style me semble empathique et l’expression des sentiments assez  sommaire. Toutefois, les adeptes de l’angoisse psychologique seront ravis.

Retrouvez l’avis plus enthousiaste de Clara

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11 réflexions sur “Ce qui n’est pas écrit – Rafaël Reig

  1. Plutôt déçu par cette lecture qui ne m’a pas emballé. Beaucoup de répétitions qui ne servent pas le récit, le roman dans le roman est le point de vue le plus intéressant

    • Le livre parle du rôle de l’auteur et du lecteur. Un livre c’est effectivement un couple. Nous ne projetons pas tous les mêmes choses dans notre lecture.
      Maintenant, je n’ai pas non plus un avis négatif. Il y a de bonnes choses dans ce livre. Je tique un peu sur le style et sur certains comportements.

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