Laver les ombres – Jeanne Benameur

benameurTitre : Laver les ombres
Auteur : Jeanne Benameur
Éditeur : Actes SUD
Nombre de pages : 157
Date de parution en collection BABEL : août 2010

Quatrième de couverture:
Lea danse, jetée à corps perdu dans la perfection du mouvement. Elle est chorégraphe par nécessité. Lea aime, mais ne peut s’abandonner à Bruno, peintre de l’immobile. En pleine tempête, elle part vers l’océan retrouver sa mère, celle qui s’est toujours tue. Alors ont lieu l’épreuve de la parole et celle de l’écoute. Jusqu’où une mère peut-elle dire ? Jusqu’où une fille peut-elle entendre ? C’est ce péril fertile de la parole partagée qui est au coeur du roman. Il conduira au corps d’une jeune fille de seize ans livré dans une maison close pendant la guerre, à Naples. Il conduira à l’énigme de l’amour qui consent et soumet. il conduira au mystère de l’enfantement. Par le jeu de onze tableaux dévoilant la vie des absents en contrepoint de la ligne narrative, dans une langue retenue et vibrante, Jeanne Benameur chorégraphie les secrets de la transmission et la fervente assomption des mots qui délivrent.

Mon avis :
Léa est chorégraphe. Elle prépare un nouveau spectacle. L’anxiété ou la fatigue la déstabilisent. Elle aurait besoin d’entendre la mer comme dans son enfance. Elle peine à s’investir davantage dans sa relation amoureuse avec Bruno, un peintre, artiste de l’immobile.
Elle s’enfuit chez  sa mère Romilda qui vient de l’appeler à l’annonce d’une tempête. Les déferlantes climatiques vont rejoindre celles des cœurs puisque Romilda a un lourd secret à avouer à sa fille.
En tant que danseuse, Léa parle davantage avec son corps.  » Elle a appris son corps en s’appuyant à celui de sa mère » et elle va comprendre en écoutant ce secret pourquoi ce corps la gêne tant, la fait chanceler.
Romilda, constamment rabaissé par sa mère a appris à se taire, à subir, à lire les mots d’amour dans les livres. Pas étonnant qu’elle ne puisse dissocier l’amour de la haine.
 » Pour être libre, il faut apprendre. Elle n’a jamais appris. »
Mais, au risque d’être rejetée, elle doit la vérité à sa fille.
Si Romilda a éduqué sa fille par les vibrations. Il doit en être de même pour Jeanne Benameur. J’ai suivi le mouvement indolent de la danse puis le rythme de la tempête. L’auteur sait nous faire comprendre toute l’ambiguïté des sentiments de Romilda.
Et cette tempête pourra peut-être rapprocher la mère et la fille. Une mère qui n’a jamais pu aller voir sa fille sur scène. Car si elle remercie la danse d’avoir éloigné sa fille de son corps bafoué, elle peine à supporter l’exhibition du corps dansant. Une fille qui parle mieux avec son corps qu’avec ses mots. Elle devra trouver un nouveau pas, un autre équilibre pour continuer après la tempête.

Je ne regrette pas d’avoir entamé ce challenge Jeanne Benameur qui me permet de découvrir l’émotion de cette langue vibrante, sensuelle qui accompagne l’auteur dans la narration de fêlures humaines.
Ceci est une lecture commune avec Natiora.

Challenge-Jeanne-Benameur  plume abc

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19 réflexions sur “Laver les ombres – Jeanne Benameur

  1. C’était une lecture magnifique, que je suis ravie d’avoir partagée avec toi Jostein:) Tu parles très bien de l’influence du corps de Romilda sur celui de Léa, Jeanne Benameur a parfaitement exploité le parallèle entre les deux. J’en redemande !

  2. Pingback: "Laver les ombres", de Jeanne Benameur | Le jardin de Natiora

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