Hitchcock, roman – René Bonnell

bonnelTitre : Hitchcock, roman
Auteur : René Bonnell
Éditeur : Hermann
Nombre de pages : 220
Date de parution : août 2013

Auteur :
René Bonnell a joué un rôle prépondérant dans le paysage cinématographique français. C’est Daniel Toscan du Plantier qui lui propose de prendre en charge la distribution chez Gaumont, où il restera de 1978 à 1982. À partir de 1983, commence la grande aventure de sa vie professionnelle : il participe au lancement de Canal Plus auprès d’André Rousselet qui le charge des questions de cinéma, puis il fonde et dirige Studio Canal. Il raconte ce parcours exceptionnel dans Mon cinéma de Cannes à Canal Plus (Balland, 2010). Économiste, on lui doit un livre considéré comme une référence par tous les professionnels du monde de l’image : La Vingt-cinquième image (Gallimard, 4e édition, 2006). Écrivain, il a publié plusieurs romans dont Grande vacance (Flammarion, 1997) et Le Petit Kant (Gallimard, 1989).

Présentation de l’éditeur :
« Il ferma les yeux pour suivre Carol en plan serré durant tout le parcours qui la conduisait jusqu’à son antichambre : signe amical à l’hôtesse d’accueil, sourire forcé face à Suzanne qui ferait traîner le moment de l’accès au saint des saints. Carol aurait droit à la plus inconfortable des chaises. S’ensuivrait un champ contre champ de regards sans aménité entre les deux femmes. L’une faisant mine d’être trop occupée pour avertir Monsieur Hitchcock de l’arrivée de la dénommée Carol Greenwood, l’autre se gardant de tout signe d’impatience. Dans son antre, le potentat était fier de sa mise en scène. Deux femelles s’affrontaient pour lui, chacune dans le rôle qu’il leur avait attribué, selon une partition qu’il avait écrite. Il ne concédait rien au hasard, surtout quand son plaisir était en jeu. »
L’histoire, ici racontée, n’est pas vraie, mais elle se nourrit d’éléments authentiques qui auraient pu conduire Hitchcock à la vivre. À l’orée de ses quatre-vingts ans, le réalisateur s’efforce de conquérir une jeune femme venue lui rendre visite à Los Angeles. Rongé par la culpabilité, il cherche à renouveler avec elle l’expérience, pourtant traumatisante, entreprise avec Tippi Hedren quinze ans plus tôt.

Mon avis :
L’auteur utilise un biais intéressant et romanesque pour mettre en évidence le caractère du célèbre réalisateur anglais, Alfred Hitchcock.La très jeune et androgyne Carol, étudiante, rêve de rencontrer le maître et de lui proposer un scénario. Par l’intermédiaire de Jerry Miskowitz, ami de Lew Wasserman, patron d’Universal, elle parvient à avoir un rendez-vous. Alfred Hitchcock ne peut résister à ce profil qui n’est pas sans lui rappeler la très belle Tippi Hedren.
Cette rencontre fictive stigmatise le problème du bedonnant Hitchcock avec les femmes.
 » Hétérosexuel inactif, Hitchcock vénérait la compagnie féminine »
Sa tentative de séduction de Tippi ayant échoué, il évinça l’actrice de manière assez caractérielle. Sa vengeance fut assez destructive.
Jeune, il ne savait pas exprimer sa colère devant une mère autoritaire et il regrette aussi la façon dont son père l’a expédié en prison à l’âge de cinq ans. Ces expériences ont forgé son caractère.
 » Son rapport traumatique à l’autorité était de notoriété publique. »
 » Sa soupape était la création, sublimation de sa névrose. »
Mal dans son corps obèse et maintenant diminué par « Arthur », son arthrose, le vieil homme tente de recouvrer ses tentations passées auprès de Carol qu’il espionne et met en scène.
«  Isolé dans son obésité, corseté par un catholicisme qui l’empêchait de digérer un bon repas sans remords, l’homme était trop inhibé pour passer aux actes et s’abritait derrière une position de voyeur. »
Mais cet homme vieillissant n’a guère plus que le réconfort du whisky et des bonnes tables pour animer sa fin de vie auprès de sa femme Alma diminuée par plusieurs accidents cérébraux.
Ce récit fictif est surtout l’occasion de revoir plusieurs scènes mythiques de Sueurs froides, Psychoses ou des Oiseaux et de se rappeler que cet immense réalisateur n’avait jamais été reconnu par la profession. Il n’a reçu qu’un « award » pour l’ensemble de son œuvre et l’anoblissement qu’en toute fin de carrière.
Et pourtant :
 » Si Hitchcock avait eu cinquante kilos de moins, la face du cinéma en aurait été changée. »
Le récit est très agréable à lire et permet de se remémorer d’excellents moments de cinéma même si je pense, qu’il y a avait sûrement davantage à découvrir sur la vie de ce grand homme.

Je remercie les Éditions Hermann pour la découverte de ce roman.

RL2013

3 réflexions sur “Hitchcock, roman – René Bonnell

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