Elle joue – Nahal Tajadod

tajadodTitre : Elle joue
Auteur : Nahal Tajadod
Éditeur : Albin Michel
Nombre de pages : 384
Date de parution : octobre 2012

Auteur :
Née en 1960, Nahal Tajadod vit en France depuis 1977. Spécialiste du bouddhisme, du christianisme iranien et du poète perse Rûmi, elle a publié aux éditions Albin Michel plusieurs essais dont Sur les pas de Rûmi (2006) et Les Porteurs de Lumière (2008), ainsi que son dernier roman, Elle joue (2012). On lui doit également deux livres autobiographiques, Passeport à l’iranienne et Debout sur la terre.

Présentation de l’éditeur :
Deux femmes se parlent. Deux Iraniennes. La première, née après la révolution de 1979, et qui n’a connu que le régime islamique, est une jeune comédienne au succès grandissant. La seconde, écrivain reconnu, a grandi dans l’Iran du Shah.
Nous les suivons pas à pas dans leur vie quotidienne. La première raconte son enfance, sa découverte de l’amour, ses engagements politiques, ses démêlés avec la censure, son exil. La seconde, installée à Paris depuis trente ans, se souvient de l’Iran de sa jeunesse où elle pouvait se promener sans foulard et en minijupe.
Un roman à deux voix se construit, drôle, pathétique, violent, doux parfois. Les deux femmes confrontent leur passé et leur présent, se racontent et racontent la vie des femmes dans l’Iran d’aujourd’hui.
Dans ce livre bouleversant qui ne ressemble à aucun autre, Nahal Tajadod retrouve les accents de vérité qui ont fait le succès de Passeport à l’iranienne.

Mon avis :
J’ai découvert Nahal Tajadod avec Debout sur la terre et j’avais envie de lire son dernier roman. Si vous souhaitez découvrir l’Iran, avant et après la révolution islamique de 1979, je vois conseille ce très beau roman qui allie romanesque, ironie, et histoire.
C’est la rencontre de deux iraniennes.
Nahal, l’auteur a quitté l’Iran en 1977 et vit depuis en France. Elle garde un bon souvenir de sa jeunesse iranienne dans une famille aisée, un lycée français, sous le règne du Shah. Pas de foulard, son port obligatoire pour les femmes avait été aboli.
Sheyda est née en 1983, en pleine guerre Iran-Irak. Son père est un acteur et metteur en scène de théâtre, sa mère est peintre et de religion bahaïe. Le bahaïsme est une religion interdite mais tolérée si elle est très discrète.
La république islamiste confisque les biens des bahaïs, oblige le port du foulard, interdit la musique, ignore la danse, contrôle tout ce qui se joue. La vie est difficile pour les artistes, les femmes. Sheyda préfère se raser la tête et se faire passer pour un garçon afin de simplifier son quotidien et éviter les brûlures à l’acide. Plus tard, son métier, actrice ne vaut RIEN.
L’auteur dit de l’acteur patrimoine :
« Il est ce son étouffé, cette musique sombre qui, malgré les interdictions, s’est jouée dans les sous-sols, dans les caves, et s’est transmise de cœur à cœur, sans partition, sans laisser de trace. »
En faisant de Sheyda son personnage de roman, Nahal cherche l' »Iran qui lui a échappé« .
« Sheyda a vingt-huit ans. Elle est née six ans après mon départ de l’Iran et quatre ans après l’instauration de la République islamique. Elle est cet Iran que je ne connais pas et que je cherche à happer, à saisir, cet Iran qui attire et terrorise, qui danse et pleure, qui ment et prie, qui boit et jeûne, qui célèbre la fête du Feu et qui se flagelle pour l’imam Hosseyn. »
C’est cet Iran où le mensonge est appris au sein de la famille. L’enfant ne doit pas répéter à l’école qui est reçu à la maison, quels livres sont lus, que les parents dégustent un verre de vin, que le fils joue d’un instrument de musique.
Lorsque Sheyda tourne un film à Hollywood, est photographié sans foulard sur le tapis rouge, touche le cou d’un acteur, elle est arrêtée. On lui retire son passeport et elle erre dans les différentes instances du ministère des Renseignements et de la Sécurité nationale et vit sept mois d’interrogatoires.
Si le corps des deux iraniennes est désormais en France, il semble évident que leur âme est est restée en Iran. On retrouve dans ce roman toute l’importance de la maison d’enfance.
Nahal Tajadod a écrit un roman très riche. Derrière l’histoire de cette actrice inspiré de la vie de Golshifteh Farahani, l’auteur livre une vision de l’histoire mais aussi des éléments du quotidien ( port du foulard, mariage temporaire, âge du mariage, rôle de l’acteur, chaînes satellites, pendaisons aux grues), des aperçus de la littérature persane.
Les registres sont aussi variés allant du tragique à l’ironie, de l’errance au concret.
La fin du roman est particulièrement intense avec une vive émotion face à cet exil inévitable mais redouté.

a noter, la très belle couverture de jaquette signée Marjane Satrapi.

J’ai lu ce roman en tant que jurée du  biblioblog et je l’avais classé en première position.

plume  rentrée 2012

12 réflexions sur “Elle joue – Nahal Tajadod

    • Tant mieux. Souvent on a de très bons livres qui attendent dans notre PAL.mais toujours tentée par autre chose, ils attendent. Mets le en hait de la pile et j’espère que tu ne le regretteras pas

  1. Je l’ai lu et j’ai trouvé que certaines parties étaient plus réussies que d’autres. Mais j’ai vraiment beaucoup aimé tout ce qui a trait à l’enfance/adolescence du personnage.

    • Il est vrai que je le suis un peu posée des questions lors des errances de la jeune comédienne. Mais tout compte fait, cela symbolise bien sa perdition temporaire. Par contre, je n’aurai pas souhaité que ces passages durent trop longtemps.

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