L’éternel – Joann Sfar

sfarTitre : L’éternel
Auteur : Joann Sfar
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 455
Date de parution : 27 mars 2013

Auteur :
Dessinateur et scénariste de bande dessinée, réalisateur de cinéma (César du meilleur premier film pour Gainsbourg, vie héroïque, du meilleur film d’animation pour Le Chat du rabbin.), Joann Sfar est né à Nice en 1971. Intarissable raconteur d’histoires, il puise son imaginaire délirant dans la fiction populaire (roman d’aventures, films fantastiques…) et le folklore lié à ses origines juives, ashkénaze et séfarade à la fois, qui imprègne nombre de ses albums comme Kletzmer ou Le Chat du rabbin (la série qui l’a imposé auprès du grand public).

Présentation de l’éditeur :
« Les vampires, ça n’existe pas.
La psychanalyse, ça ne marche pas.
On était vraiment faits pour se rencontrer. »

Mon avis :
Si vous aimez les films un peu déjantés de Woody Allen (les premiers comme Bananas), voire ceux de Tim Burton (  Dark Shadows ou Sweeney Todd), vous serez sûrement conquis par le roman de Joann Sfar, L’éternel.
Ionas et Caïn sont deux frères juifs, officiers dans l’armée des cosaques. En 1917, sur le champ de bataille, Ionas, chaste amoureux de la belle Hiéléna, fait preuve de bravoure et risque sa vie en affrontant une armée allemande. Caïn, beaucoup plus libertin et lâche parvint à s’échapper.
C’est en vampire que Ionas retrouvera son frère marié à Hiéléna. Heureusement, il est un vampire bien mignon qui ne veut pas tuer pour survivre. Et même, craignant d’avoir fait le mal, Ionas voudra faire une psychanalyse auprès de Rebecka dans la seconde partie du livre.
Vous l’avez compris, le style est ironique avec un vampire gentil, une vampire rousse jalouse (ça me rappelle quelque chose), une mandragore et même un loup-garou. Un professeur Lovecraft plus que centenaire dans la seconde partie donnera encore un peu plus d’humour à la situation.
L’humour aurait pu me séduire si l’auteur ne tombait pas un peu trop facilement dans le vulgaire ou le sanguinolent (vous me direz c’est normal chez les vampires) ou dans l’humour scabreux.
En dehors d’une satire humoristique sur les vampires et la psychanalyse, je n’ai pas vraiment compris l’intérêt de ce énième récit sur ce thème, ni le lien entre la première et la seconde partie du roman ( première partie en Ukraine, seconde aux États-Unis cent ans plus tard, image d’une émigration historique). La  fin restera pour moi assez énigmatique.
En extrapolant, je peux y trouver une apologie sur l’honneur ou une illustration de la quête de l’amour éternel vers celui ou celle auxquels on peut se confier mais je crois que c’est tout simplement l’expérience d’un auteur de bande dessinée d’évoquer son monde fantastique en roman.
Il me semble que c’est le genre de livre qui se bonifiera en version cinématographique où ce style d’humour passe mieux (enfin en ce qui me concerne). J’ai effectivement repensé aux films de Tim Burton (Dark Shadows) ou de Roman Polanski ( Le bal des vampires) et bien évidemment à l’humour juif et l’obsession de la  psychanalyse de Woody Allen que j’aime particulièrement.
Nul doute que ce roman aura ses fans. Même si personnellement, ce n’est ni mon univers, ni mon style de littérature..

J’ai lu ce roman avec d’autres lecteurs sélectionnés par entree livre. Vous pouvez retrouver leurs chroniques littéraires sur ce site (cliquez sur la couverture du livre).

premier roman

18 réflexions sur “L’éternel – Joann Sfar

  1. J’ai écouté l’auteur parler de son livre dans « La grande librairie », et ça ne m’emballait pas. Généralement je fuis dès que ça parle de vampire. Merci de confirmer que je peux le zapper 😉

    • Ce ne sont pas des lectures choisies mais j’aime aussi que l’on me propose des choses qui ne sont pas à priori dans mon univers. On peut parfois faire de belles découvertes.

  2. Je ne suis pas vraiment « récits sur les vampires » d’habitude. J’ai toujours l’impression de lire la même chose, que les auteurs tombent dans les mêmes clichés…
    Ici, j’aime finalement ce que tu n’as pas trop aimé (^^): le gore somme toute réaliste (effectivement les auteurs ont tendance à faire des vampires des faux lovers romantico niais mais ce sont avant tout des êtres assoiffés de sang!) et l’humour qui donne une autre dimension à l’ensemble n’en faisant pas un roman horrifique mais une oeuvre pleine d’ironie à prendre au 36ème degrés.

    • Effectivement, je n’ai pas su le prendre au 36e degré…cela m’arrive parfois. Comme avec  » Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire », tout le monde aime et moi je n’ai pas su apprécier ce côté ironique.

  3. J’avais envie de renouer avec les vampires et la couverture de l’Eternel me plaisait bien….Mais à te lire, j’ai abandonné l’idée (et ma PAL te dit merci).

    • Je te conseille d’aller lire d’autres chroniques car certains lecteurs ont adoré. Tout dépend ton degré d’acceptation de l’autodérision, de cette forme d’humour propre à l’auteur issu du monde de la BD.

  4. Je viens de finir ce livre et je n’ai pas plus adhéré que ça à l’histoire. Impression de trop vite, trop « foisonnant » … hyper brouillon. J’aimais bien son ton d’auteur BD mais je n’ai pas du tout retrouvé ce plaisir dans ce roman.

  5. Je suis souvent fatiguée de tout ces romans à la sauce vampire. Ce livre est dans ma pal, j’essaierais de m’y mettre un de ces jours. Peut-être que ca me changera de tout ces beaux vampires devant lesquels toutes les femmes tombent en pamoison !

  6. Pingback: [Roman] L' | Carnet de Lectures de Solenn

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