Trois américaines à Paris – Alice Kaplan

akaplanTitre : Trois américains à Paris : Jacqueline Bouvier Kennedy, Susan Sontag, Angela Davis
Auteur : Alice Kaplan
Editeur : Gallimard
Nombre de pages : 384
Date de parution : octobre 2012

 

Présentation de l’éditeur :
Pour des milliers de jeunes Américaines parties passer un an en France pour leurs études, l’après-guerre fut un âge d’or. Parmi elles, Alice Kaplan a choisi trois femmes devenues légendaires : la First Lady Jacqueline Bouvier Kennedy ; l’essayiste et romancière Susan Sontag ; la militante des droits civiques Angela Davis. Étudiantes à Paris en 1949, en 1957 et en 1963, elles se sont offert une liberté qu’elles ont assumée et y ont acquis des savoirs qu’elles ont su transmettre. Paris les a transformées : le rapport à leur corps, à leur langue, à leur pays n’était plus le même. À leur retour, elles ont transformé les États-Unis. À tel point qu’elles incarnent, encore aujourd’hui, le génie féminin américain. Alice Kaplan nous montre que ce génie doit beaucoup à l’esprit parisien. Riche en révélations, cette biographie croisée décrit le Paris des Trente
Glorieuses à travers les yeux de ces trois jeunes Américaines. Et témoigne, contre toute attente, de la persistance du rêve français aux États-Unis.

Mon avis :
Trois femmes, trois décennies permettent à Alice Kaplan de décrire la vie parisienne des années d’après-guerre aux années 70 et de constater ce que ces femmes en ont ensuite transmis à leur retour en Amérique.
Jacqueline Bouvier Kennedy découvre Paris lors de la reprise des séjours d’étude après la  seconde guerre mondiale. Même, si à cette époque Paris, noircie, se relève difficilement de la guerre, si le confort est encore sommaire, Jacqueline est privilégiée en logeant chez des aristocrates, en fréquentant la Sorbonne
et en ayant les meilleurs professeurs.
 » ce qui avait radicalement changé depuis la guerre, c’est l’image publique de la femme. »
Les étudiantes américaines communiquent un peu l’esprit bohème aux françaises.
À la maison blanche, Jackie Kennedy se fera largement critiquer lorsqu’elle impose le style français dans la décoration ou les menus.
Susan Sontag quitte les États unis, son mari et son fils pour trouver davantage de liberté sexuelle en France. Là, elle peut vivre son homosexualité plus librement. Si elle est inscrite à la Sorbonne, elle ne la fréquente pas et préfère  apprendre seule. Elle traîne surtout dans les cafés littéraires (Flore, les deux magots) et profite des nuits parisiennes alcoolisées.
En France, c’est la période de la crise algérienne. Mais Susan Sontag s’exprime peu sur les évènements. C’est d’ailleurs la partie qui m’a le moins convaincue car l’auteur entame des sujets intéressants pour dire que Susan Sontag ne s’exprime pas sur ces sujets dans son journal. Voilà qui est un peu frustrant.
Je me suis davantage intéressée à la biographie d’Angela Davis. Pour Angela, le français est un moyen de masquer son état de femme noire. Beaucoup plus engagée, les analyses sont ici un peu plus détaillées. On aborde cette fois plus en profondeur le Nouveau Roman .
« On repère aussi l’avocate d’une cause, celle du Nouveau Roman avec sa faculté révolutionnaire de saisir la réalité
contemporaine : la bombe atomique, l’anonymat grandissant de l’homme (terme que l’on préférait alors à « humain » ou « humanité »), lequel n’est plus guère défini que par son numéro dans une administration démesurée ou par des machines qui fractionnaient son existence. Selon elle, cette réalité rend caduc le roman traditionnel avec ses personnages déterminés et son intrigue simpliste : ce roman là n’est plus en mesure de traduire le monde réel
. »
En Amérique, Angela Davis, intellectuelle noire et communiste, dérange de plus en plus. Elle se retrouve impliquée dans le procès d’une prise d’otage menée par le frère de son fiancé emprisonné. La France, et notamment les intellectuels français s’impliquent largement pour la soutenir.
Le livre est construit de manière très symétrique avec un chapitre pour chaque américaine. Chaque chapitre comprend une partie sur le séjour en France et une partie sur le retour en Amérique. Le lien entre les trois biographies se tissent entre les lignes grâce à des lieux identiques fréquentés ou des personnes
rencontrées ( Sartre, Beauvoir, Robbe-Grillet). Le livre est très documenté avec des notes sur les sources, des notes explicatives et un index regroupant toutes les personnalités citées avec références des pages où elles apparaissent.
Nul doute que ce document traduit une large connaissance ou une profonde étude du sujet. Personnellement, si j’ai été intéressée par la biographie d’Angela Davis, je n’ai trouvé que peu d’intérêt à celle de Jacqueline Kennedy (trop orientée) et encore moins à celle de Susan Sontag que je ne connaissais pas.

J’ai lu ce document dans le cadre du elle

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