Lausanne – Antonio Soler

solerTitre : Lausanne
Auteur : Antonio Soler
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 287
Date de parution : 31 octobre 2012

 

Présentation de l’éditeur :
«Nous étions trois cœurs tressautant sur le plateau tournant d’une roulette un peu bancale. Aucun des trois n’était meilleur que les autres

Les trois cœurs, ce sont ceux de Margarita, de Jésus, son époux, et de Susanne, la femme qui fut sa maîtresse pendant sept ans.
Une histoire faite de non-dits et de blessures, que revit au fil d’un voyage en train Margarita, la narratrice de ce roman troublant. De Genève à Lausanne, au gré des paysages qui défilent, des arrêts en gare, et des cahots de la mémoire, c’est toute sa vie qui se déploie : les années à Lyon auprès de parents républicains espagnols, les hantises enfantines, le mariage sans passion, l’amie devenue rivale, la mort qui frappe.

Avec son art consommé du récit et son écriture obsédante, l’auteur du Chemin des Anglais (prix Nadal) explore la subjectivité tourmentée d’une femme et revisite des thèmes qui hantent toute son oeuvre : l’obsession du passé et l’impossible pardon.
« Pourquoi Antonio Soler compte parmi les meilleurs écrivains espagnols ? Parce qu’un romancier n’a pas pour seule vocation de raconter une histoire, mais plutôt d’inventer une écriture, une musique, un point de vue

Mon avis :
La vie est semblable à un long voyage en train, avec ses arrêts, ces personnages que l’on croise sans vraiment les connaître, ces choses que l’on voit rapidement au travers d’une vitre comme des instants de mémoire qui remontent à la surface.
Margarita prend le train pour rejoindre Lausanne et cet environnement lui permet de se revivre des instants marquants, comme sa jeunesse mais surtout sa vie de couple.
Son mari, Jésus, à eu une liaison pendant plusieurs années avec une amie violoniste, Suzanne, qu’elle lui avait présentée.
Bafouée, humiliée, elle se souvient.
L’auteur parle de ces sentiments féminins avec une grande justesse.

 » Je crois que les gens nomment cette ignorance, ce vide et cette détresse, jalousie. Ce qu’on ne peut partager, ce qui nous
est barré, ce qui nous est interdit. On nous laisse à la porte du temple comme des mendiants. Le temple dont l’autel nous était autrefois dédié. »

 » J’avais le corps empli de morceaux de verre. De petits éclats allaient et venaient dans mes veines et, soudainement,
n’importe où dans mon corps, provoquaient une petite hémorragie, la douleur inattendue d’une coupure nette, fulgurante. Un battement de paupières, une pensée qui surgit, et ces objets cuisants se
mettaient en mouvement. »

Toutefois, la détresse de Margarita n’est pas étouffante car l’auteur alterne son récit avec des descriptions des personnes du train ( qui étrangement ont une petite ressemblance avec les personnages de la vie de Margarita) et insère aussi les « dommages collatéraux » de cet adultère.
De cette façon, je ne me suis apitoyée sur aucun personnage, car chacun reste digne. Margarita, qui se juge moins belle et moins intelligente que Suzanne, veut à tout prix sauver son couple, retrouver celui qu’elle a choisi pour construire une vie paisible. Elle patiente, triste (larmes et résignation), amère ( méchantes
pensées envers certaines personnes, comparaison avec Hiroshima ou les camps en Ukraine, à priori envers passagers du train) mais forte.
Jésus semble perdu dans cette passion adultère et Suzanne est la figure frêle et intouchable.

« celui qui trompe l’autre n’est pas toujours celui qui aime le moins. »

J’ai beaucoup aimé la façon dont l’auteur a traité ce thème avec beaucoup de sensibilité. Raconter cette histoire pendant un voyage en train est une belle analogie avec le fil de la vie. Margarita est à bord de ce train, de sa vie qu’elle à choisi,  sur ces rails qui la mène au bout de son histoire, avec ces personnages qui s’installent dans son wagon. Faut-il sauter du train quand un passager vous importune, doit-on s’arrêter à la prochaine gare et rester sur le quai ou aller au bout de son voyage.

 » Ces miettes de gâteau éparpillées autour des assiettes après une fête sont les nôtres. Ces miettes, ne l’oublie pas, sont
aussi du gâteau.
« 

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2 réflexions sur “Lausanne – Antonio Soler

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