Les brumes du passé – Leonardo Padura

paduraTitre : Les brumes du passé
Auteur : Léonardo Padura
Editeur : Points
Nombre de pages : 434
Date de parution : janvier 2011 en version poche;  2006 chez Métailié

 

Présentation de l’éditeur :
Mario Conde a quitté la police. Il gagne sa vie en achetant et en vendant des livres anciens, puisque beaucoup de Cubains sont contraints de vendre leurs bibliothèques pour pouvoir manger. Le Conde a toujours suivi ses intuitions et, ce jour d’été 2003, en entrant dans cette extraordinaire bibliothèque oubliée depuis
quarante ans, ce ne sont pas des trésors de bibliophilie ou des perspectives financières alléchantes pour lui et ses amis de toujours qu’il va découvrir mais une mystérieuse voix de femme qui l’envoûtera par-delà les années et l’amènera à découvrir les bas-fonds actuels de La Havane ainsi que le passé cruel que cachent les livres. Leonardo Padura nous parle ici de ce qu’est devenue Cuba, des désillusions des gens de sa génération, « des Martiens » pour les plus jeunes mieux adaptés à l’envahissement du marché en dollars, aux combines et à la débrouille.

Au-delà du roman noir et de l’enquête de Mario Conde, Leonardo Padura écrit un beau roman mélancolique sur la perte des illusions, l’amour des livres, de la culture, et de la poésie si populaire des boléros. On reste longtemps marqué par l’atmosphère de ces brumes cubaines.

Mon avis :
Lorsque son chef a été mis en retraite anticipée, Mario Condé démissionne de la Police. Il se lance alors dans le commerce de livres anciens. Les temps sont encore difficiles dans les années 90 à La Havane. Lorsqu’au hasard de ses déambulations, il découvre une riche demeure, il y trouve Amalia et Dioniso Ferrero et surtout une immense bibliothèque privée riche de dizaines de livres très recherchés. Ruinés, les Ferrero acceptent de vendre  quelques exemplaires à Condé et son ami Yoyi.
Toutefois, dans cette bibliothèque, Condé a une fois de plus, un étrange pressentiment et quand il découvre la photo de Violeta del Rio, une envoûtante et jeune chanteuse de boléro aujourd’hui oubliée, son instinct policier se réveille.

 » Mais je veux la retrouver. Comme ça, je découvrirai peut-être pourquoi je voulais la chercher.« 

Il n’a plus qu’une idée en tête, savoir ce qu’est devenue cette beauté et quel lien elle pouvait avoir avoir le propriétaire des livres, Alcides Montes de Oca, un riche cubain en lien dans les années 50 avec des étrangers liés à de sombres affaires de prostitution, de casinos et de complots politiques.
L’enquête démarre très doucement mais devient vite passionnante au cœur de ces quartiers misérables de La Havane. Car le pays est de plus en plus en proie à la misère, la prostitution et au trafic de drogues.
Condé est un personnage intéressant, amoureux des livres, généreux et très attaché à ses amis. C’est un homme très particulier qui aime partager de bons repas et des bouteilles de rhum avec ses amis et qui a un très grand sens moral.

 » je crois tout au plus à l’amitié, à la mémoire et à quelques livres. »

Il a un sens prémonitoire et discute parfois avec le fantôme de J.D. Salinger.

 » ne fais jamais la connaissance d’un écrivain dont tu as aimé le livre, dixit Chandler. Et il avait raison : les écrivains
appartiennent à une race bizarre. Il vaut mieux les lire que les connaître
. »

L’ambiance est assez sinistre avec cette vision de la misère, des descriptions assez crues de relations sexuelles ou de personnages décatis et cette ambiance d’oppression politique des années de lutte contre Batista mais aussi des années 90 assez misérables.
Le récit de l’enquête de Condé est entrecoupé de lettres énigmatiques d’une femme à son amant qui malheureusement nous conduisent un peu en parallèle vers le dénouement. Elles sont essentielles à la compréhension mais réduisent la portée de l’enquête de Condé.

Le roman démarre assez lentement, ce qui permet de bien saisir l’ambiance du pays mais devient vite une enquête passionnante, « une histoire sans méchant » au cœur des livres et d’un pays brisé.

 

 

 

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