A travers les champs bleus – Claire Keegan

keeganTitre : A travers les champs bleus
Auteur : Claire Keegan
Editeur : Sabine Wespieser
Nombre de pages : 256
Date de parution : 4 octobre 2012

Auteur :
Claire Keegan est née en 1968 en Irlande. Elle a grandi dans une ferme du comté de Wicklow, qu’elle a quittée pour aller étudier à La Nouvelle-Orléans et au pays de Galles. Également diplômée de Trinity College à Dublin, elle vit à la campagne, dans le comté de Wexford.

Son œuvre est traduite en français chez Sabine Wespieser.

Présentation de l’éditeur :
« Plus tôt, les femmes étaient venues avec des fleurs, chacune d’une nuance de rouge plus foncée. Dans la chapelle, où ils attendaient, leur parfum était fort. L’organiste a lentement joué la toccata de Bach, mais un frémissement de doute se répandait sur les bancs. »

Dès l’initiale de la nouvelle titre, avec ce « frémissement de doute », Claire Keegan parvient à suggérer un trouble, que confirmeront les premiers balbutiements du prêtre au moment de célébrer le mariage.
Les huit nouvelles de ce recueil, pour l’essentiel enracinées dans la terre d’Irlande, évoquent le pouvoir dévastateur des mots (La Mort lente et douloureuse), les relations des pères et de leurs filles (Le Cadeau d’adieu, La Fille du forestier), les amours impossibles (À travers les champs bleus, Chevaux noirs, La Nuit des sorbiers), la force des préjugés (Près du bord de l’eau) ou le poids des traditions (Renoncement).
Tout comme dans L’Antarctique (2010) et Les Trois Lumières (2011), le regard acéré et les phrases ciselées de l’écrivain en imposent. Sans jamais rien affirmer, Claire Keegan parvient, dans ses textes d’une beauté lapidaire, à susciter d’inoubliables émotions de lecture.

Mon avis :
 » Parfois tout le monde était dans le vrai. La plupart du temps, chacun, esprit sensé ou esprit fêlé, trébuchait dans le noir, tendait ses mains vers quelque chose qu’il voulait sans même le soupçonner. »
D’une plume fine, simple mais détaillée, Claire Keegan nous emmène une nouvelle fois dans l’Irlande rurale grâce à ces huit nouvelles (même si une d’elles se passe aux États Unis, le cœur du narrateur à hâte de retrouver ses racines).
Là où les hommes sont un peu bourrus, accrochés à leurs terres et leur ferme, toujours prêts à oublier leurs soucis dans la bière ou le « whiskey ». Les femmes, force tranquille de chacune de ces nouvelles, rêvent d’une vie rassurante auprès d’un homme qui les respecte. Mais face aux paysans ou aux prêtres, elles sont
souvent frustrées et abandonnent leurs rêves pour une vie sans couleurs.
 » Un homme est un fléau et une nécessité. »
Sur chaque nouvelle, le lecteur s’imprègne de la noirceur des tourbières, du vent au bord des falaises, du bleu des champs.
Chaque nouvelle est teintée de solitude, de regrets, de renoncement face aux conventions, de croyances et de superstition.
 » l’époque l’imposait. c’est ce que je croyais. Je pensais ne pas avoir le choix. »
« le remords ne changeait rien et le chagrin ne servait qu’à ranimer les souvenirs. »
« Ainsi la folie et la raison revenaient au même. »
 » Tout homme avait besoin de quelques certitudes. Elles aidaient à trouver un sens à la journée. »
Mais ne croyez pas que les récits soient tristes et sombres, il y a un peu de folie, d’irréalité, beaucoup de tendresse et de sensations sublimées par le climat irlandais.

Mes nouvelles préférées sont La fille du forestier et La nuit des sorbiers. La première qui est la plus longue du recueil s’attarde davantage sur la vie de la famille et sur les caractères des différents personnages et la seconde pour le côté sauvage de Margaret Flusk.

Je remercie Les Editions Sabine-Wespieser11 pour la découverte de ce nouveau recueil de nouvelles de Claire Keegan. L’auteur sait une fois de plus nous faire aimer son milieu et nous faire partager des moments de vie essentiels avec un regard vif et perspicace.

    rentrée 2012 plume logo-1

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