L’embellie – Audur Ava Olafsdottir

embellieTitre : L’embellie
Auteur : Audur Ava Olafsdottir
Editeur : Zulma
Nombre de pages : 400
Date de parution : 23 août 2012

Présentation de l’éditeur :
C’est la belle histoire d’une femme libre et d’un enfant prêté, le temps d’une équipée hivernale autour de l’Islande par la route côtière.
En ce ténébreux mois de novembre islandais, exceptionnellement doux au point de noyer l’île sous les pluies et les crues, la narratrice, qui ne cesse de se tourner elle-même en dérision, voit son mari la quitter sans préavis et sa meilleure amie, Audur, lui demander de s’occuper, pour au moins une saison, de son fils de cinq ans.
Pourtant la chance sourit à l’amie d’Audur : elle gagne un chalet d’été et une petite fortune au loto. À la suite de sa rupture, elle aurait préféré accomplir un voyage consolateur à l’étranger mais, bonne nature, elle est incapable de refuser quoi que ce soit à qui que ce soit, hommes ou femmes. Elle partira tout de même, pour un tour de son île noire, avec Tumi, le fils d’Audur, étrange petit bonhomme, presque sourd, mutique, et avec de grosses loupes en guise de lunettes.
Roman d’initiation s’il en fût, l’Embellie ne cesse de nous enchanter par cette relation de plus en plus cocasse, attentive, émouvante entre la voyageuse et son minuscule passager. Ainsi que par sa façon incroyablement libre et allègre – on pourrait dire amoureuse – de prendre les fugaces, burlesques et parfois dramatiques péripéties de la vie, sur fond de blessure originelle. Et l’on se glisse dans l’Embellie avec une sorte d’exultation complice qui ne nous quitte plus, longtemps après en avoir achevé la lecture.
Il y a chez la grande romancière islandaise – dont on garde en mémoire le merveilleux Rosa candida – un tel emportement rieur, une telle drôlerie des situations comme des pensées qui s’y attachent, que l’on cède volontiers à son humour fantasque, d’une justesse décapante mais sans cruauté, terriblement magnanime. Vrai bain de jouvence littéraire, ses romans ressemblent à la vie.

Mon avis :
Après mon coup de cœur pour Rosa Candida, je ne pouvais pas rater le nouveau roman d’Audur Ava Olafsdottir. L’embellie a  été écrit avant Rosa Candida mais il ne sort en France que cette année. Jusqu’à la moitié du livre, je pensais que ce roman ne me séduirait pas autant que le précédent. Là aussi, il s’agit d’un voyage initiatique qui permet à la narratrice d’aller au cœur d’elle même, mais son côté loufoque et le contexte un peu
invraisemblable ( double gain à la loterie, évènements en chaîne, prédictions d’une voyante) tenaient mes émotions plus éloignées. Puis, la narratrice perd sa carapace, se dévoile au contact du jeune garçon dont elle a la responsabilité. Elle prend alors toute sa dimension, elle devient fragile, responsable et déterminée.
Cette jeune femme polyglotte n’est pas douée pour le dialogue. Ainsi, elle se retrouve simultanément plaquée par son amant et son mari.
« Même si je connais beaucoup de langues, peut-être trop, je n’ai jamais su spécialement me servir des mots, en tête à tête face à un homme. »
Conséquence d’un passé à peine dévoilé, refus de devenir adulte, elle ne souhaite pas être mère mais se trouve malencontreusement contrainte de prendre en charge Tumi, le fils de sa meilleure amie.
Cet enfant magique de quatre ans, presque sourd et myope, avec un appareil auditif et de grosses lunettes va lui porter chance à la loterie et la guider vers le monde animal.
Riche et nouvelle propriétaire d’un chalet d’été, elle part sur la nationale qui fait le tour de l’Islande vers l’est avec cet étrange petit bonhomme.
C’est un parcours un peu fantomatique sous les pluies abondantes, au cœur des champs de lave, enrichi de rencontres étonnantes et d’animaux blessés. Peut-être tel le cheminement dans sa mémoire sombre pour retourner dans son village d’enfance et se comprendre enfin grâce à la présence naturelle et douce de Tumi.
Elle découvre, un peu malgré elle ce que peut être une mère. C’est peut-être un peu plus que ce qu’en dit son amie.
 » Les mères n’ont qu’une chose en commun : ce sont des femmes qui ont couché avec un homme au moment de l’ovulation sans prendre les précautions adéquates. »
Si au début, elle prend soin du garçon en répondant à ses besoins naturels, elle trouve vite le besoin de cet amour simple et réciproque.
« En réalité, je ne puis guère être plus heureuse, car je  commence à savoir qui je suis, je commence à devenir autre, à devenir moi. »
L’embellie est un livre insolite, mystérieux et touchant qui séduira ainsi de nombreux lecteurs, même les amoureux de cuisine et de tricot grâce à l’annexe des recettes en fin de livre.
J’ai fini le livre avec une impression de grande bouffée d’air pur, une vision d’embellie après la noirceur des pluies de l’automne islandais.

Je remercie les Éditions Zulma pour cette agréable lecture.

rentrée 2012 plume 


 

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