Le diable, tout le temps – Donald Ray Pollock

pollockTitre : Le diable, tout le temps
Auteur : Donald Ray Pollock
Editeur : Albin Michel
Nombre de pages : 369
Date de parution :mars 2012

Présentation de l’éditeur :
Dès les premières lignes, Donald Ray Pollock nous entraîne dans une odyssée inoubliable, dont on ne sort pas indemne.

De l’Ohio à la Virginie Occidentale, de la fin de la Seconde Guerre mondiale aux années 60, les destins de plusieurs personnages se mêlent et s’entrechoquent. Williard Russell, rescapé de l’enfer du Pacifique, revient au pays hanté par des visions d’horreur. Lorsque sa femme Charlotte tombe gravement malade, il est prêt à
tout pour la sauver, même s’il ne doit rien épargner à son fils Arvin. Carl et Sandy Henderson forment un couple étrange qui écume les routes et enlève de jeunes auto-stoppeurs qui connaîtront un sort funeste. Roy, un prédicateur convaincu qu’il a le pouvoir de réveiller les morts, et son acolyte Théodore, un musicien en fauteuil roulant, vont de ville en ville, fuyant la loi et leur passé.

Toute d’ombre et de lumière, la prose somptueuse de Pollock contraste avec les actes terribles de ses personnages à la fois terrifiants et malgré tout attachants. Le diable tout le temps n’est pas sans rappeler l’univers d’écrivains tels que Flannery O’Connor, Jim Thompson ou Cormac Mc Carthy.

Mon avis :
Le diable, tout le temps, premier roman de Donald Ray Pollock est un livre sombre et violent. L’auteur
croise les destins de plusieurs paumés de l’Amérique (Ohio). Alvin a été élevé dans l’esprit de vengeance par un père meurtri par les atrocités de la guerre du Pacifique. Défendre son honneur et s’en remettre à Dieu dans une dévotion paranoïaque sont les deux règles de vie. La religion est toujours poussée à son extrême avec ces deux prédicateurs, Roy et Théodore qui prêchent et expérimentent les limites du pouvoir divin. Puis, il y a Carl, un photographe amateur qui a pour activité principale de prendre en stop de jeunes hommes et de les photographier dans des poses obscènes avec sa femme, Sandy, la soeur d’un shérif véreux. N’oublions pas le petit rôle de ce faux pasteur qui déflore ses jeunes paroissiennes.
Ces personnages vont se croiser au fil de leurs pérégrinations les entraînant vers un destin encore plus sombre.
Le mal est ici poussé à son extrême avec des scènes de sang et de sexe et un langage assez brutal qui colle au contexte.
Mais malgré cette dépravation, l’auteur parvient à rendre certains personnages touchants car ce sont surtout des paumés, des âmes perdues qui tentent de survivre dans un contexte primaire.
Chaque personnage veut s’en sortir soit par l’amour pour Willard, le père d’Alvin, soit pour une passion de la photographie pour Carl, soit pour le rapprochement avec Dieu pour les prédicateurs ou soit pour le pouvoir d’être élu shérif. Ils ont tous de bonnes raisons de commettre leurs actes ignobles. Mais ils sont surtout ignorants de la différence entre le bien et le mal.
L’ensemble donne un roman percutant sur l’Amérique profonde, sur le mal que peuvent  entraîner les convictions profondes de pauvres bougres.  

 

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