Fleur de béton – Wilfried N’Sondé

n'sondéTitre : Fleur de béton
Auteur : Wilfried N’Sondé
Éditeur : Actes Sud
Nombre de pages : 212
Date de parution : 2 mai 2012

Auteur :
Wilfried N’Sondé est né au Congo, il a passé son enfance en région parisienne avant de migrer à Berlin. Il est d’abord un musicien reconnu puis se consacre à la littérature. Il est l’auteur de trois romans chez Actes Sud : le très remarqué Le Cœur des enfants léopards (2007, prix des Cinq Continents de la francophonie et prix Senghor de la création littéraire ; Babel n° 1001), Le Silence des esprits (2010) et Fleur de béton (2012).

Présentation de l’éditeur :
La jeune Rosa Maria rêve de soleil, d’amour, de calme… et de fuir la cité des 6000 où elle vit avec sa famille en région parisienne. En attendant ce grand jour, elle soupire en cachette pour le beau Jason qui ne la voit pas. Un incident avec la police provoque une émeute dans le quartier, qui précipite les destins des personnages… Un roman d’apprentissage qui oppose à la violence urbaine la force de l’innocence.

Mon avis :
Avec Fleur de béton, Wilfried N’Sondé nous plonge au cœur de la cité des 6000 en région parisienne.
 » la cité, cette hydre tueuse de femmes, d’hommes et d’espoir, un vampire qui se nourrit du sang des
jeunes
. »
Avec un style rythmé  qui alterne des phrases coup de poing et des phrases longues où les appositions se succèdent, l’auteur décrit la vie au quotidien dans un langage violent de la rue mais aussi les rêveries de ces gamins exprimées dans une langue très poétique.
 » Avec le temps et l’habitude, Rosa Maria a appris les coups, elle sait qu’à un moment ils s’arrêteront, les insultes aussi, il suffit de rêver, se retrouver instantanément autre part, là où tout est calme et beau, un endroit magique, paisible, près de l’eau, avec, autour, la nature sauvage et accueillante, des chants d’oiseaux. »
Cette opposition entre la violence de la réalité et la candeur des rêves m’a fortement marquée.
La famille de Rosa Maria vient de Sicile, ce pays  n’est plus qu’un beau souvenir de famille, de sable et de mer bleue depuis que le père est au chômage. Rosa Maria est triste car elle a perdu son frère aîné, elle rêve d’ailleurs, d’amour avec Jason, le beau guadeloupéen.
Les jeunes traînent dans la cité, il n’y a pas d’horizon au-delà du béton. Lorsque la police ferme la cave où les jeunes se réunissent pour danser, leur seule distraction disparaît. C’est l’étincelle qui met le feu à toute cette rage contenue jusqu’alors.
L’auteur exprime parfaitement ce que ressentent ces jeunes, d’où vient leur rancœur. Il montre aussi la difficulté de vivre dans ces ghettos multiraciaux, la peur immédiate de la police lors des débordements et le recours systématique aux CRS.
Si les plus faibles n’ont pour s’en sortir que la drogue, la prostitution, certains comme la sœur aînée de Rosa Maria travaillent durement et réfléchissent avant de se précipiter guidés par la haine. C’est une bien maigre note d’espoir pour cette jeunesse meurtrie.
Fleur de béton est un roman violent mais réaliste qui nous fait réfléchir sur l’intégration et l’avenir des jeunes.

 

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