L’inconnue de Birobidjan – Marek Halter

halter1Titre : L’inconnue de Birobidjan
Auteur : Marek Halter
Éditeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 435
Date de parution : janvier 2012

Présentation de l’éditeur :
1950, New York. Après Orson Welles et Arthur Miller, McCarthy et son équipe interrogent une certaine Maria Apron, 37 ans, actrice. Elle est accusée d’être entrée en Amérique avec un faux passeport et d’avoir assassiné un agent secret de l’OSS en Union soviétique. Pour se défendre, Maria Apron n’a que ses souvenirs.
En actrice consommée, elle va, telle Shéhérazade, les distiller à ses accusateurs au cours des cinq journées que dure son interrogatoire. Devant une cour médusée elle raconte sa vie pour sauver sa tête. Elle commence par une révélation scandaleuse : oui, elle a connu Staline ; elle a même été sa maîtresse ! Et cette histoire a détruit tous ses rêves. Car, pour lui échapper, Marina Gousseiev (c’est son vrai nom), talentueuse actrice moscovite, se fait passer pour juive et se réfugie au Birobidjan, Etat juif autonome créé par Staline le long du fleuve Amour. Là, elle devient la maîtresse d’un espion américain qu’elle sauve du Goulag, avant de fuir aux Etats-Unis, où, ironie de l’histoire, McCarthy l’accuse d’espionnage… Avec Marina, on traverse une période extrêmement trouble de la Seconde Guerre mondiale et de l’immédiat après-guerre. De 1932 à 1950, on la suit de Moscou au fleuve Amour, du Goulag aux tribunaux de New York, passant du monde russe au monde yiddish, puis américain. On vit la bataille de Moscou, la domination perverse de Staline sur son propre peuple, y compris les Juifs. On approche de l’intérieur certains faits de guerre méconnus, ainsi que l’épouvantable réalité du Goulag… On apprend l’existence d’un monde juif insoupçonné pendant la Seconde Guerre mondiale. Un monde d’une richesse intellectuelle étonnante, où le théâtre joue un rôle capital. L’Inconnue de Birobidjan : un panorama inédit de l’histoire contemporaine, une héroïne digne de Pasternak, et l’histoire incroyable de cette région juive autonome, le Birobidjan, personnage à part entière du roman.

Mon avis :
« Marina Andreïeva Gousseïev faisant renaître son passé par sa magie de conteuse. »
Interrogée par la commission HUAC, commission des activités anti-américains, elle va tenter de convaincre Nixon, McCarthy, le procureur Cohn et le juge Wood de son innocence. Mais en cette période chasse aux sorcières et suite au démantèlement d’un groupe d’espions ayant livré des plans de la bombe atomique aux Russes, les mensonges de cette actrice et son tempérament ne jouent pas en sa faveur.
 » A quoi ressemble la vérité, dans la bouche d’une actrice? »
Seul un journaliste de New York Post se laisse convaincre par sa beauté.
Je suis assez réfractaire aux histoires d’espions qui me paraissent toujours très compliquées. Mais ici, l’auteur n’en abuse pas et s’étend plutôt sur le récit de la vie de Marina, de Moscou à Birobidjan. Et c’est une vraie épopée, avec des histoires de séduction, d’exils, de passion amoureuse. Alternant les audiences aux États-Unis et les récits en Russie, l’auteur me semble un peu trop dans le narratif.
Je n’ai été passionnée que par la découverte de cette communauté juive â Birobidjan où la réserve mais la solidarité des juifs sont émouvants.
Au delà de cette histoire un peu romanesque, le roman permet de retracer des périodes historiques importantes des États-Unis, de la Russie et de l’Europe. D’ailleurs le tableau récapitulatif en fin de livre nous restitue les événements sans oublier les faits importants artistiques. J’ai apprécié ces annexes qui authentifient les faits et les personnages. Je ne connaissais Birobidjan, cet espace désertique et glacé attribué aux juifs par Staline. L’auteur, apparemment moins que dans ses autres romans, défend les traditions juives et dénonce ces perpétuelles agressions contre leur peuple.
 » Les murs se souviennent de la musique de nos rêves, et c’est ce qui rend fou les nazis, là-bas, en Pologne et en Ukraine. C’est pour ça qu’ils détruisent, détruisent, détruisent encore… Ça ne leur suffit pas, de massacrer les corps de tous les juifs du monde. Il leur faut aussi détruire nos murs pour ne plus entendre nos rêves. »

L’inconnue de Birobidjan est donc un roman pour ceux qui aiment les grandes histoires romanesques sur fond d’espionnage, avec tout de même un contexte historique important et une découverte des richesses du peuple juif.

Je remercie livraddict_logo_middle et les Éditions Robert Laffont pour ce partenariat qui m’a permis de découvrir Marek Halter. 

2 réflexions sur “L’inconnue de Birobidjan – Marek Halter

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.