Le dernier testament de Ben Zion Avrohom – James Frey

freyTitre : Le dernier testament de Ben Zion Avrohom
Auteur : James Frey
Éditeur : Flammarion
Nombre de pages : 381
Date de sortie : 24 août 2011

Résumé :
« Dans ce livre, j’essaye d’imaginer l’histoire telle qu’elle serait si le Messie, ou Jésus-Christ, était toujours vivant et vivait à New York en plein XXIe siècle. À quoi est-ce qu’il ressemblerait, en quoi est-ce qu’il croirait, comment est-ce qu’il vivrait ? Il aurait des liaisons avec des hommes, engrosserait les filles, il soignerait les malades et pratiquerait l’euthanasie…

Et vous, que feriez-vous si vous le rencontriez ? Mon but n’était pas de réécrire l’histoire du Christ. Je voulais créer une nouvelle mythologie, une qui ait du sens dans un monde d’armes nucléaires, de connaissances scientifiques avancées, d’Internet, de tests et de manipulations génétiques, un monde où l’on ne considère plus l’homosexualité comme un choix. Ce que je voulais, c’était raconter une histoire, faire une oeuvre d’art qui prenne tout son sens dans un monde sur lequel nous savons des choses que les gens ou les écrivains ne pouvaient pas savoir, ni même imaginer, il y a 2000 ans. Ai-je atteint mon but ? Les lecteurs, le temps, et l’Histoire me le diront. »
James Frey

Mon avis :
Nul doute que ce roman de James Frey ne laissera pas indifférent. Il peut choquer, notamment les croyants car, Ben Zion Avrohom, sans toutefois jamais s’exprimer directement, remet en cause les religions actuelles.
Mais, c’est aussi un livre passionnant, car sous la forme d’une vulgarisation, l’auteur reprend les grandes notions philosophiques sur la foi, l’amour et le pouvoir.
Regardons tout d’abord la forme. Treize personnages ayant approché Ben s’expriment tour à tour et évoquent leurs impressions  suite à cette rencontre. Unanimement tous reconnaissent son physique christique et le réconfort, le calme qu’il leur a apportés. Le style des paragraphes est très différent
puisque l’auteur l’adapte au narrateur. Et, je dois avouer que j’ai eu du mal à supporter certains langages. Mais l’auteur colle parfaitement au caractère de son narrateur.
Visuellement, le livre de Flammarion fait inévitablement penser au sang tant répandu de Ben puisque les tranches du livre sont couvertes de tâches rouges. Plus on avance dans le récit et plus on pense à ces éclaboussures de sang.
Maintenant, voyons ce que j’ai pensé du fond. Même si je n’adhère pas à toutes les réflexions de Ben, je reconnais que le sujet est parfaitement traité. Tout d’abord, Ben est epilleptique et cette maladie a souvent touché de nombreuses personnes ayant eu des apparitions (Jeanne d’Arc, Sainte Thérèse…).Ensuite, l’auteur
remet en évidence le pouvoir abusif des religions, leur refus d’évoluer avec notre siècle, leur volonté millénaire de maintenir les hommes dans la peur, de les amener à gâcher une vie terrestre
au profit d’une hypothétique vie éternelle. Ben Zion Avrohom remet en cause les livres saints qui ne sont ni plus ni moins que des romans dépassés, ne pouvant plus s’appliquer à notre époque
moderne.
 » Il faudrait considérer ces livres de la même manière que nous considérons tout ce qui est de la même époque, en
reconnaissant leur importance historique, mais sans leur accorder la moindre valeur.
 »
Dieu est infini, Dieu est amour. Ces deux notions sont parfaitement expliquées par notre messie. Par contre, la dérive de l’Amour vers des rapports sexuels multiples me fait davantage faire penser à une secte. Ben explique que le meilleur de rencontrer Dieu est au cours d’un orgasme. Dans les discours et les
comportements de Ben, j’ai plus d’une fois penser à une secte bien que le leader très charismatique ne retienne pas ses fidèles contre leur gré et ne leur demande pas d’argent.Toutefois, son charisme pousse les gens à accepter n’importe quoi.
 » Nous le croyions, nous croyions tout ce qu’il disait, même quand c’était bizarre. »
Globalement, il me semble que ce roman exprime bien le malaise de la religion à l’heure actuelle, les contraintes que les religieux ou les dirigeants politiques imposent au peuple, soi disant pour le bien des hommes et des nations mais surtout pour assouvir leurs besoins de pouvoir.
Dans ce monde actuel où l’homosexualité est reconnue, où les maladies nécessitent des modifications de comportement, où l’homme égoïste détruit la planète, comment doivent évoluer les instances religieuses?
Comme toute foi implique le doute, l’auteur nous laisse avec beaucoup de questions à la fin de ce roman.
James Frey a le courage de poser clairement les questions qui dérangent.

Un petit extrait :
 » Il n’y a pas de parole de Dieu sur terre. Ou sinon, on ne la trouve pas dans les livres.
Alors où la trouve-t-on?
Dans l’amour. Dans le rire des enfants. dans un cadeau. Dans une vie sauvée. dans le silence du matin. Dans le bruit de la
mer, le bruit d’une voiture. On la trouve dans n’importe quoi, n’importe où. c’est le tissu de nos vies, de nos sentiments, des gens avec qui nous vivons, des choses que nous savons être réelles. »

 

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s