Nu rouge – Frédéric Touchard

touchardTitre : Nu rouge
Auteur : Frédéric Touchard
Éditeur : Arléa
Nombre de pages : 204
Date de parution : août 2011

Résumé :
Terminant sa thèse sur Édouard Pignon, c’est vers le Nord-Pas-de-Calais, région natale du peintre, que Camille décide de partir.
Elle veut mettre ses pas dans les siens, retrouver les lieux de son enfance, voir de ses yeux les lumières, les gens, les paysages qui ont inspiré le peintre. Mais, très vite, cette quête va prendre une autre dimension. Guidée par Jean, rencontré par hasard et avec qui se noue le début d’une histoire, elle plonge dans une réalité qu’elle n’imaginait pas, faite de luttes et de traditions ouvrières malmenées par la disparition des mines et des filatures. Dumont Cassel à Marles-les-Mines, de Roubaix à Dunkerque, mais aussi à Calais, elle découvre pêle-mêle et en accéléré les blessures de la Grande Guerre, les friches industrielles, l’errance désespérée des sans-papiers. Chaque rencontre, chaque lieu visité lui parlent de résistance et d’engagement politique. Mais que pèse sa vie face à ce destin collectif ? Rien ni personne, même pas Jean, surtout pas Jean et son amour naissant, ne pourra l’empêcher d’aller vers son destin. Et le geste insensé qu’elle décide d’accomplir la révélera à elle-même.

Mon avis :
 » De ce Nord, Camille ignore encore l’ordre et les désordres… »
Moi, ce Nord, je le connais un peu puisque j’y suis née. Et pourtant, j’ai beaucoup appris dans ce livre. L’auteur parle de la région Nord/Pas de Calais sous plusieurs dimensions (géographique, historique, sociale et culturelle).
Bien sûr, j’ai découvert ce peintre, ancien mineur, Edouard Pignon, sur lequel Camille fait sa thèse, mais j’ai eu la surprise d’y retrouver Rémy Cogghe, dont le célèbre tableau Combat de coqs en Flandre est exposé à La Piscine (musée) de Roubaix. J’ai lu récemment un petit livret édité par Invenit sur ce tableau vu par Jean-Bernard Pouy.
Frédéric Touchard nous parle aussi bien des mines, des filatures, de la génèse du magasin Auchan, de la naissance de l’Internationale, du camp de Sangatte, des stigmates de la première guerre mondiale, de la scission belge entre flamands et wallons. Ce livre est d’une grande richesse.
De plus, les personnages sont attachants bien qu’ils soient, à la manière des gens du Nord, très pudiques et humbles. L’histoire d’amour naissante entre Camille, un peu perdue devant son sentiment d’inutilité et Jean qui lui explique son pays, est comme une douce mélodie, un attachement sérieux et simple. Jean respecte la
personnalité de Camille.
Puis, Camille se sent obligée d’agir, peut-être en mémoire de son père. Devant la misère des camp d’immigrés qui attendent vainement un passage vers l’Angleterre, Camille se sent concernée.
Le style de l’auteur est très agréable, avec des petites pensées entre parenthèses, parfois des phrases un peu longues. J’ai ressenti une douce mélancolie à la lecture de ce roman.
Je regrette de n’avoir pas eu quelques reproductions de peintures d’Édouard Pignon.

  touchard1   Nu rouge au cactus

touchard2

                                                                      Combat de coqs

C’est un premier roman encourageant que je conseille aux amoureux de la région Nord/ Pas de Calais.

 


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