Le sang et la mer – Gary Victor

victorTitre : Le sang et la mer
Auteur : Gary Victor
Editeur : Vents d’Ailleurs
Nombre de pages : 192
Date de parution : septembre 2010

Résumé :
Où naissent les rêves des jeunes filles ? Hérodiane, orpheline, vivant à Paradi, un bidonville de Port-au-Prince, rêve du prince charmant à la peau claire et aux yeux bleus. Est-ce parce qu’une religieuse lui a lancé sur un ton haineux : « Noire comme tu es, comment veux-tu que Jésus t’aime ? » ou parce que, Estevèl, son
frère adoré, salué à sa naissance par l’écume d’une vague de mer, s’adonne à d’autres plaisirs ? Le rêve s’incarne en Yvan, riche mulâtre d’une des grandes fortunes du pays, et se révélera un cauchemar quand Hérodiane commencera à découvrir l’envers des mythes et des discours. Si les âmes corrompues des vivants peuvent faire basculer les coeurs fragiles dans l’enfer sur terre, les rêves brisés des jeunes filles créent l’espoir d’un autre avenir. Gary Victor révise ici, avec la maestria qu’on lui connaît, le rêve du prince charmant à la manière haïtienne. Comment dans cette société perverse et corrompue, dans cet univers où les plus riches asservissent encore et toujours les plus pauvres, les jeunes filles peuvent venger le monde.

Mon avis :
Gary Victor a une très belle écriture, poétique et son univers est à la fois concret et surréaliste.
Concret, parce qu’il décrit Haïti avec la corruption, les clivages entre pauvres et nantis issus de la colonisation et aussi la fragilité de ce pays face aux éléments naturels. Dans ce quartier où habitent Hérodiane et son frère, en haut du sentier reptilien, si la terre tremble, il ne restera rien.
 » la lèpre de Paradi suspendue à ce flanc de montagne, attendant le prochain ouragan ou un tremblement de terre pour que la croûte craque, noyant de son pus la grande respiration des guignols. »
Et ce sont les riches qui entassent les malheureux dans ces quartiers et, en plus, en tirent profit. Ils les renient mais tirent de l’argent de cette misère.
L’imaginaire est présent par le biais d’Estevel, le frère d’Hérodiane. Il est né prématurément, en pleine mer lors d’un orage.
Sa mère le disait fils d’Agwe, un dieu marin. Il se transforme en l’océan pour sauver ou venger sa soeur ou pour trouver un refuge. C’est tout le mystère de la culture vaudoue.
Dans ce contexte, l’auteur nous conte l’histoire d’Hérodiane qui rêve du prince charmant et croit le rencontrer en la personne d’Ivan, un mulâtre fortuné  aux yeux bleus .Mais les filles de son milieu ont-elles droit à ce bonheur?
Les personnages sont certes un peu typiques et l’histoire d’amour est classique mais il y a aussi toute la chaleur des relations d’amitié, avec son frère, avec Monsieur Wilson, le peintre ou avec Marie-Edith, la fille de la voisine.
Ce livre m’a permis de découvrir Haïti et son histoire et sa façon de vivre, sa richesse culturelle et sa fragilité.
J’ai lu ce livre dans le cadre du 9ème Prix du Télégramme.

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