Les soeurs Brelan – François Vallejo

vallejoTitre : Les sœurs Brelan
Auteur : François Vallejo
Éditeur : Viviane Hamy
Nombre de pages :285

Résumé:
« Les trois filles s’étaient regardées en entrant, les mêmes yeux gris, et tues une demi-heure. Des têtes butées : on voulait bien comprendre, quelques mois après le décès accidentel de leur dernier parent. Après tout, qu’elles se butent, si elles se soumettent à la décision du juge et du Conseil de famille.
Elles ont échangé un nouveau regard triangulaire … ça part de Sabine, elle attrape l’oeil de Marthe sur sa droite … Judith, à sa gauche, le devine, tourne la tête et capte le mouvement de paupières … les aînées attendent le renfort de la dernière, c’est fait, elles se lancent, alors qu’on ne leur demandait rien. La
triple voix monte, couvre les autres : Disons-leur, Judith, Marthe, oui, Sabine, puisque personne n’en parle … l’anniversaire, ils n’ont pas dû faire attention à la date … je croyais qu’ils le savaient, c’est aujourd’hui, la date, dis-le, Marthe, ça change tout.

Monsieur le Juge, qu’attendez-vous pour les faire taire ? »

Mon avis:
Le dernier roman de François Vallejo raconte le destin de trois soeurs, devenues orphelines peu de temps avant la majorité de l’aînée. Elles sont unies dans le même regard de leurs yeux gris et parlent d’une même voix.
 » Nous ne sommes pas une famille, nous sommes des sœurs. »
Elles sacrifient leur vie personnelle pour le bonheur des trois. Surtout Marthe, l’aînée, s’est toujours sentie responsable des plus jeunes. Devant chaque épreuve, elles resserrent les rangs. Elles ont des caractères différents mais affirmés. L’aînée est dévouée, sabine est un peu arriviste et Judith est une idéaliste.
Elles m’ont fait un peu penser aux quatre filles du Docteur March.
Il y a aussi la grand-mère Madeleine, un peu folle, riante; elle les pousse vers la légèreté, l’insouciance mais veille aussi et leur procure du travail.
Le roman se déroule des années 50 aux années 90 et évoque les mouvements sociaux de 68 et la construction puis la chute du mur de Berlin.
On suit aussi l’émancipation des femmes car c’est aussi un livre sur les femmes avec l’histoire de ces trois sœurs hors du commun.
 » Et tous les murs construits par des hommes, il fallait des femmes pour les démolir. »
Ont-elles eu raison de faire passer le bonheur du groupe avant leur vie individuelle? Les évènements ne semblent pas le confirmer.
 » Elles se sont demandées si elles avaient eu raison de rester ensemble si longtemps. C’était contre nature. Le destin des frères et soeurs était de se séparer. »
Mais elles ont su garder le meilleur de chacune pour le bonheur commun.
J’aime habituellement chez Vallejo la description des affrontements humains et les huis-clos. Ici, il s’agit davantage d’un phénomène familial mais avec, cette fois encore, des personnages entiers très bien analysés.
J’aime beaucoup le style du livre qui laisse place à l’introspection; il n’y a pas de dialogues mais l’énoncé de questions que se posent les personnages.
C’est une fois de plus un bon roman avec des personnages forts, une atmosphère et une histoire riche et inventive.

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