Du nouveau dans ma bibliothèque (44/19)

La parthénogenèse, un titre bien curieux, scientifique pour une histoire qui nous plonge dans la nostalgie du début des années 2000. Anne-Laure Julien est professeur de mathématiques en classes préparatoires et c’est cette alliance du scientifique et du littéraire qui m’a interpellée. C’est aussi l’occasion de découvrir une petite maison d’édition, La P’tite Hélène Éditions.

Bonne semaine et bonnes lectures.

 

La fabrique des salauds – Chris Kraus

Titre : La fabrique des salauds
Auteur : Chris Kraus
Littérature allemande
Titre original : Das kalte blut
Traducteur : Rose Labourie
Editeur : Belfond
Nombre de pages : 884
Date de parution : 22 août 2019

 

La quatrième de couverture annonce un roman hors norme dans la lignée des Bienveillantes de Jonathan Littell ou de Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez. Tout comme le premier roman, La fabrique des salauds traite de l’ambivalence et de la contradiction d’un jeune allemand dans l’enfer du nazisme. Mais si il en a l’ampleur et la richesse, il me paraît beaucoup moins sordide.
Chris Kraus s’est inspiré du réalisme magique du roman de Gabriel Garcia Marquez pour clore sa seconde partie.

Cette lecture ambitieuse de près de neuf cent pages m’a fait noircir une vingtaine de feuilles de cahier! En suivant la famille Solm, et principalement son narrateur, Koja Solm, Chris Kraus couvre presque toute l’histoire de la Lettonie pendant les deux guerres mondiales, l’évolution de l’Allemagne après la seconde guerre mondiale et la création de l’état d’Israël.

Konstantin, dit Koja, Solm, soixante-cinq ans environ en 1975, est dans une chambre d’hôpital. Inopérable mais sous surveillance, il a une balle dans la boîte crânienne. Suite à une visite sauvage et musclée de son frère manchot, Hub, il raconte son histoire à son voisin de lit, un trentenaire, swami, hippie qui a un trou dans le crâne. Comment les deux frères en sont-ils venus à se détester? Comment Koja a-t-il été blessé? Le dialogue entre les deux hommes vient régulièrement couper un récit qui promet de faire toute la lumière sur le passé de Koja Solm.

Né à Riga d’une famille de barons allemands et d’un fils de pasteur tué par les bolcheviks, Koja Solm est le plus jeune fils de la famille. Doué pour le dessin comme son père, il est plus sensible que son frère aîné, Hubert surnommé Hub. Les parents adoptent la petite Ev, ramenée de Daugavpils par la gouvernante russe du grand-père pasteur. Ev est très proche de Koja mais adolescente, elle tombe amoureuse de Hub. Une rivalité amoureuse qui ne manquera pas de compliquer la relation des deux frères, d’autant plus que Koja doit taire les origines d’Ev .

En 1919, l’armée balte reprend Riga aux allemands. Les nobles doivent fuir le pays. La famille Solm devient pauvre et les projets d’avenir sont compromis. Ev rencontre Erhard Sneiper, un national-socialiste laid mais éloquent. Cet homme qu’elle épouse entraîne Hub puis Koja dans les rangs de la Gestapo. Si Hub est un idéaliste conscient de n’avoir aucun avenir en dehors de la Waffen-SS, il devra souvent protéger son jeune frère des horreurs du nazisme. Mais, une fois plongé dans le milieu, peut-on garder les mains propres?

Pris dans un réseau toujours plus dense d’intrigues et de conspirations, Koja Solm affiche toujours un amour sincère pour Ev ou Maja, une espionne russe.

« Et je compris pourquoi l’homme aimait : il doit le faire parce que c’est le seul espoir, pour chacun d’entre nous, de rester homme malgré tout. »

Pour les protéger ou enterrer son passé, il travaille successivement, parfois simultanément pour les allemands du BND, les services secrets américains, russes puis israéliens.

 « Le mensonge est souvent le dernier rempart des égoïstes et des nostalgiques

La fiction autour de la famille Solm dynamise le récit historique d’une époque mouvementée. Le roman ne s’appesantit pas sur les horreurs de la guerre mais plutôt sur la difficulté des fils Solm d’être à la fois victime et bourreau. Le récit est particulièrement éclairant sur certains épisodes de la guerre froide avec la réintégration des nazis coupables dans la république de Bonn, la création d’Israël,  la recherche d’impunis nazis par le Mossad, les arrangements entre services secrets.

La fabrique des salauds est un grand roman, ambitieux et passionnant. Précis sur le côté historique, il excelle sur le plan de l’analyse d’un homme devenu un monstre malgré lui, un homme qui ne peut plus être honnête. Sur un sujet aussi grave, le style est particulièrement fluide et les clins d’oeil humoristiques bienvenus.

Du nouveau dans ma bibliothèque (43/19)

 

J’attendais depuis si longtemps l’occasion de lire ce roman culte de Luke Rhinehart. La nouvelle édition de L’homme-dé parue en novembre aux Editions Aux Forges de Vulcain m’en donne l’occasion.

 

Autre roman culte d’un grand auteur américain, Kent Haruf revient dans mes lectures avec Le chant des plaines.

Bonne semaine et bonnes lectures.

Ceux que je suis – Olivier Dorchamps

Titre : Ceux que je suis
Auteur : Olivier Dorchamps
Editeur : Finitude
Nombre de pages : 256
Date de parution : août 2019

 

Tarek, garagiste à Clichy, travaille sans repos pour assurer le bien-être de sa famille. Marocain arrivé en France avec sa femme, au début des années 60, il a élevé trois fils sans vraiment leur parler de son pays, ni leur inculquer sa religion. Ali est aujourd’hui avocat et son jumeau, Marwan est professeur agrégé. Foued, né plus tard, vit encore avec ses parents.

Aucun ne connaît vraiment le Maroc. Ils n’osent avouer la honte qu’ils ont parfois ressenti envers la simplicité de leurs parents. Nés en France, ils sont toujours suspectés à cause de leurs origines. Au Maroc, on leur reproche leur passeport français.

« Cette méfiance à l’égard de l’Arabe est un stigmate dont il ne se débarrasse jamais et qui le poursuit jusque dans son propre pays

Le roman commence en cette nuit où Tarek succombe d’une crise cardiaque. Les fils réunis apprennent avec surprise que le père avait tout préparé afin d’être enterré au Maroc. Seul Marwan est désigné pour accompagner le cercueil en avion. Ali, toujours jaloux de son jumeau, n’a d’autre choix que d’emmener sa mère et son frère en voiture.

Kabic, grand ami du père de Tarek, auprès duquel Marwan a passé une partie de son enfance, accompagne le jeune homme en avion. C’est l’occasion de lui confier l’histoire de Tarek.

« Les pauvres n’ont pas d’enfance, Marwan, même pas de traces. Leurs souvenirs restent vivants dans la mémoire du plus âgé d’entre eux et s’évanouissent avec lui

Dans un style mélancolique parfois teinté d’un regard ironique, Olivier Dorchamps propose un très bon premier roman sur le deuil, la recherche des origines, la double culture. Un récit chaleureux grâce aux personnages de Marwan et Kabic, une intrigue tenue par le désir de connaître le secret de Tarek, un regard sensible sur la double culture et la douleur de l’exil.

 

Challenge Petit Bac 2020

 

 

Enna vient de lancer les invitations à participer au challenge Petit Bac 2020. Avant de démarrer les lectures au 1er janvier, découvrons les catégories et commençons à repérer quelques titres dans nos Piles A Lire.

Voici les catégories 2020 :

PRENOM
LIEU
ANIMAL
OBJET
COULEUR
CRIMES ET JUSTICE
PERSONNE CÉLÈBRE
AMOUR ET RELATIONS AMOURE
MOTS AU PLURIEL
SON
GROS MOT ( facultatif)

Les catégories sont détaillées sur l’article de Enna.

Quelques idées dans ma PAL

PRENOM

L’échelle de JACOB de Ludmila Oulitskaïa

L’outrage fait à SARAH Ikker de Yasmina Khadra

LIEU

Mourir à CALCUTTA de Makenzy

JOHANNESBURG de Fiona Melrose

ANIMAL

L’effet PAPILLON de Jussi Adler Olsen

Mourir et puis sauter sur son CHEVAL d’Adrien Bosc

Règne ANIMAL de Jean-Baptiste Del Amo

OBJET

Le REPONDEUR de Luc Blanvillain

Le CLOU de Zhang Yueran

COULEUR

La guitare bleue de John Banville

L’enfant bleu de Henry Bachau

Mama RED de Bren McClain

CRIMES ET JUSTICE:

Les villes ASSASSINES de Alfred Alexandre

Voleur, espion et ASSASSIN de Iouri Bouïda

Le DUEL de Joseph Conrad

PERSONNE CÉLÈBRE

TITUS n’aimait pas Bérénice de Nathalie Azoulay

Deux remords de CLAUDE MONET de Michel Bernard

Ils vont tuer ROBERT KENNEDY de Marc Dugain

AMOUR ET RELATIONS AMOUREUSES

Rien à voir avec l’AMOUR de Claire Gallen

MOTS AU PLURIEL

Le livre des NUITS de Sylvie Germain

Les PORTES de fer de Jens-Christian

Dans le faisceau des VIVANTS DE Valérie Zenatti

SON

Le musée du SILENCE de Yokohama Ogawa.

SONATE pour Haya de Luize Valente

GROS MOT ( facultatif)

Calamity Jeanne

Titre : Calamity Jeanne
Auteur : Marie-Eve de Grave
Illustrateur : Victoria Dorche
Editeur : Hélium
Nombre de pages : 48
Date de parution : 2 octobre 2019
A partir de 5 ans

 

Marie-Eve de Grave dresse le portrait d’une petite fille, garçon manqué, prénommée Jeanne. Mais ses parents, ses amis d’école la surnomment Calimity Jeanne. Parce qu’elle est différente dans sa manière d’être et de s’habiller. Sa mère, dessinatrice se fâche sans cesse contre la pagaille qui règne partout où elle passe. Mais Jeanne est heureuse ainsi.

Le jour de son anniversaire, Jeanne invite trois garçons. Sa mère convie aussi Lily Rose, la petite fille des nouveaux voisins. Lily Rose est une vraie petite fille, habillée comme une fée, sage comme une image.

Les dessins de Victoria Dorche sont très colorés. L’univers graphique  colle parfaitement à l’esprit de Jeanne. Les illustrations sont à la fois simples et riches en détails. Elles permettent d’éveiller la curiosité du jeune lecteur. Le lecteur adulte peut facilement les utiliser pour faire découvrir des mots, des couleurs aux plus jeunes enfants.

L’histoire est amusante, légère mais l’ensemble reste superficiel. Je regrette que le texte n’insiste pas davantage sur une morale, celle promise d’apprendre à être soi-même. Jeanne assume parfaitement son originalité dès le départ. L’histoire d’amitié entre deux filles que tout oppose aurait pu être plus développée.

Je remercie Babelio et les Editions Hélium pour la découverte de cet album reçu dans le cadre de la dernière opération Masse critique.

 

tous les livres sur Babelio.com

Bilan de novembre et Programme de décembre 2019

 

1er décembre, on peut commencer à attendre Noël!

Mais revenons tout d’abord sur ce mois de novembre bien pluvieux. Je viens d’entamer ma douzième lecture du mois. Et c’est un pavé qui me prendra facilement toute la première semaine de décembre.

Voici le classement de mes lectures du mois:

Coup de cœur :

Je recommande :

J’ai aimé beaucoup,un peu…:

 

 

Les articles les plus lus en novembre sur mon blog :

1 – Rentrée Littéraire Janvier/ Février 2020
2 – Les sept mariages d’Edgar et de Ludmila de Jean-Christophe Rufin
3 – Le cœur de l’Angleterre de Jonathan Coe
4 – Le rêve d’un fou de Nadine Monfils
5 – Les testaments de Margaret Atwood

Pour ce mois de décembre, inutile de prévoir pléthore de lectures, le mois sera bien occupé. Mes priorités seront :

 

 

Je vais tenter de lire quelques romans de ma Pile A Lire pour mes challenges Objectif PAL ( atteindre le ridicule score de 10)  et Petit Bac (finir ma quatrième ligne, ce serait bien). Décembre est le mois du Challenge Nordique. Mais, il ne me reste qu’un ou deux polars parmi mes auteurs du grand froid.