Rentrée Littéraire 2020 – Panorama par éditeur

 

Vous l’attendiez avec impatience…mais avec le confinement, tout a pris un peu de retard. D’ailleurs, il manque encore beaucoup d’information, j’enrichirai cet article au fil des jours.

Vous trouverez tout de même largement de quoi composer vos listes de souhaits. Personnellement,je suis heureuse de retrouver Alice Ferney, Lola Lafon, Pierre Ducrozet, Mathias Enard, Colum McCann, Carole Martinez, Alice Zeniter, Eric Rheinhardt, Metin Arditi, Jon Kalman Stefansson, Yasmina Khadra, Laurent Mauvignier, Jean-Philippe Toussaint, Jonathan Franzen, Miguel Bonnefoy, Faïza Guène, Richard Russo et Emmanuel Carrère…

Mais je vous laisse découvrir ce panorama des éditeurs.

Actes Sud :

La part du sarrazin de Magyd Cherfi
Le bon, la brute et le renard de Christian Garcin
Le petit polémiste de Ilan Duran Cohen
Dans ma main de Amandine Laprun
Cachés dans l’espace de Peggy Nille
L’intimité d’Alice Ferney
Une rose seule de Muriel Barbery
Chavirer de Lola Lafon
Le grand vertige de Pierre Ducrozet
La grosse princesse Petronia de Katharina Greve
Un soupçon de liberté de Sexton Margaret Wilkerson
Sourvilo de Olga Lavrentieva
Dans les brumes du matin de Tom Bouman
Cette brume insensée de Enrique Vila-Matas
Les frères Morozov de Natalia Semenova
Quichotte de Salman Rushdie
La laveuse de mort de Sara Omar
La danse des tulipes de Ibon Martin
Sakhaline deEdouard Verkine
La vie Alaïa de Donatien Grau
Fille de feu, fils de la forêt de Chloé Daykin
La surexplication du monde de Pierre Lieutaghi
Le banquet annuel de la confrérie des fossoyeurs de Mathias Enard

Albin Michel :
Nickel boys de Colson Whitehead
Ohio de Stephen Markley
Longtemps je me suis couché de bonheur de Daniel Picouly
Les évasions particulières de véronique Olmi
Buveurs de vent de Franck Bouysse
La fièvre de Sébastien Spitzer
On ne touche pas de Ketty Rouf
De grandes ambitions de Antoine Rault
Calamity Gwenn de François Beaune
Les aérostats d’Amélie Nothomb
Radical de Tom Connan
L’heure du diable de Patrick Bauwen
Le dernier des loups de Sébastien Perez
L’homme de Césarée de Françoise Chandernagor
Meurtre à Cap Cod de Mary Higgins Clark
Beautiful boy de Tom Barbash

Allary :
La naissance d’un père de Alexandre Lacroix

Alisi :
Comment devenir antiraciste de Ibrahim X. Kendi
She said de Megan Twohey et Jodi Kantor

Alma :
Les métamorphoses de Camille Brunel
Ossip Ossipovitch de Marie Baudry

L’Antilope :
Beyrouth entre parenthèses de Sabyl Ghoussoub
Histoires des temps passés et à venir de Y.L. Peretz

Asphalte :
Demain la brume de Timothée Demeillers
Hakim de Diniz Galhos

L’Aube :
Ceci n’est pas une chanson d’amour de Alessandro Robecchi

Autrement :
L’autre moitié de moi de Brit Bennett
Une épouse presque parfaite de Laurie Colwin
Ejo, suivi de Lézardes de Beata Umubyeyi Mairesse

La Baconnière :
Strates de Kathleen Jamie

Belfond :
Apeirogon de Colum McCann
L’heure des spécialistes de Barbara Zoeke
Poison Florigelum de Annalena McAfee
Mon père, ma mère,mes tremblements de terre de Julien Dufresne-Lamy
La race des orphelins de  Oscar Lalo
Les déviantes de Capucine Delattre ( premier roman)

François Bourin:
Ida n’existe pas de Adeline Fleury

Christian Bourgois:
Les autres américains de Laila Lamani
De parcourir le monde et d’y rôder de Grégory le Floch
Un jour ce sera vide de Hugo Lindenberg

Buchet-Chastel:
Carnaval de Hector Mathis
Histoire du fils de Marie-Hélène Lafon
Qui sème le vent de Marieke Lucas Rijneveld

Calman-Levy :
L’arrière-pays d’Olivier Weber
La chienne de Pilar Quintana
Simples déductions de Lee Child
Inspection de Josh Malerman
Quand un fils nous est donné de Donna Leon
De soleil et de sang de Jérôme Loubry
La scandaleuse de Michel  Peyramaure
La grâce et les ténèbres de Ann Scott
Sublime royaume de Yaa Gyasi
Marionnettes d’amour d’Elise Fischer
Les lettres d’Esther de Cécile Pivot
Les lumières d’Oujda de Marc Alexandre Oho Bambe
Les corps insurgés de Boris Bergman
ZOF 1945 de Jean-Christophe Berthain

Anne Carrière :
On fait parfois des vagues de Arnaud Dudek
Elle a menti pour les ailes de Francesca Serra
Le fumoir de Marius Jauffret

Cherche Midi :
Une affaire si facile de Francis Szpiner
Les larmes de ma vigne de Denis Pommier
Alabama 1963 de Ludovic Manchette et Christian Niemec
Rien n’est perdu de Pierre-Louis Basse
La femme intérieure d’Helen Phillips
Tout ira bien de Damian Barr
De sang et d’encre de Rachel Kadish

Delcourt :
Jazz à l’âme de William Melvin Kelley

Denoël :
Mon nom était écrit sur l’eau d’Olivier Bleys
Fin de combat de Karl Ove Knaussgaard
A trop aimer d’Alissa Wenz

Écriture :
Preuve d’amitié de Chantal Milman
Le rendez-vous des Gobelins de Martine Gozlan
Déflagration des sens de Karim Akouche

Emmanuelle Collas :
Les impatientes de Djaïli Amadou Amal

La Contre Allée :
L’arrachée belle de Lou Darsan (premier roman)

Les Escales :
Glory d’Elisabeth Wetmore
Baleze de Kiese Laymon
La femme qui reste de Anne de Rochas

Editions du Faubourg :
La déconnexion d’Eric L’Helgoualc’h

Fayard :
L’île de Jacob de Dorothée Janin
Notre dernière sauvagerie de Héloïse Lièvre
Tout va me manquer de Juliette Adam
Yougoslave de Thierry Beinstingel
Nostalgie d’un autre monde de Ottessa Moshfegh

Éditions des Femmes :
Le sens du calendrier de Nathalie Léger-Cresson
Poissons rouges et autres bêtes aussi féroces de Ella Balaert

Finitude :
Autoportrait en chevreuil de Victor Pouchet
Journal V, janvier à août 1851 de Henry David Thoreau
La vie fugitive mais réelle de Pierre lombard, VRP de Christian Estèbe

Flammarion :
Comme un empire dans un empire d’Alice Zeniter
Nature humaine de Serge Joncour
Une fille de rêve de Eric Laurrent
Sale bourge de Nicolas Rodier (premier roman)
Sexy summer de Mathilde Alet
Inge en guerre de Svenja O’Donnell (récit)
Les dédicaces de Cyril Massarotto
2030 de Philippe Djian
Zone grise de Loulou Robert (récit)
Roue libre de Cécile Guilbert (récit)
Trois anneaux de Daniel Mendelsohn
Le radiateur d’appoint d’Alex Lutz (premier roman)

Aux Forges de Vulcain :
Requiem pour une apache de Gilles Marchand
Les abysses de Rivers Solomon
Chinatown, intérieur de Charles Yu

Gallimard :
Broadway de Fabrice Caro
Impossible  de Erri de Luca
Térébenthine de Carole Fives
Art nouveau de Paul Grévillac
Fille de Camille Laurens
L’anomalie de Hervé Le Tellier
Les roses fauves de Carole Martinez
La dernière interview de Eshkol Nevo
Le palais de  orties de Marie Nimier
Comédies françaises de Eric Reinhardt
La proie de  Deon Meyer
Les funambules de Mohammed Aïssaoui
Les secrets de ma mère de Jessie Burton
Les caves du Potala de Dai Sijie
Les larmes du cochontruffe de Jacques Moulin
Le réveil de la bête de Jacques Moulin
Le bois de Jeroen Brouwers
Ruines bien rangées de Hélène Cixious
Ci-gît l’amer de Cynthia Fleury
La famille  Martin de David Foenkinos
J’irais nager dans plus de rivières de Philippe Labro
La bonne histoire de Madeleine Démétrius de Gaël Octavia
Putzi de Thomas Snégaroff
Good bye, Chicago de William R. Burnett
Little Caesar de William R. Burnett
Les nuits rouges de Sébastien Raizer
Fin de saison de Thomas Vinau

Gallmeister :
Betty de Tiffany McDaniel
Les dynamiteurs de Benjamin Whitmer
Dans la vallée du soleil de Andy Davidson

Globe :
Delicious foods de James Hannaham
Coupable de Reginald Dwayne Betts
Fille, femme, autre de Bernardine Evaristo
Schluss? de Walter Kempowski
Fracture de Eliza Griswold

Grasset :
Rachel et les siens de Metin Arditi
Du côté des Indiens de Isabelle Carré
Un jour viendra couleur d’orange de Grégoire Delacourt
Des rêves à tenir de Nicolas Deleau
Ce qui plaisait à Blanche de Jean-Paul Enthoven
La femme-écrevisse de Oriane Jeancourt Galignani
L’historiographe du royaume de Maël Renouard
Le métier de mourir de Jean-René Van Der Plaetsen
L’homme aux trois lettres de Pascal Quignard
Lumière d’été, puis vient la nuit de Jon Kalman Stefansson

 

 

 

 

 

Viviane Hamy :
Efface toute trace de François Vallejo

Harper&Collins :
Ensemble, on aboie en silence de Gringe
La dislocation de Louise Browaeys
Le bruit des avions de Sophie Reungeot
Africville de Jeffrey Colvin
Ma vie avec les arbres de Karine Marsilly

Héloïse d’Ormesson :
Le fil rompu de Céline Spierer ( premier roman)
Les bleus étaient verts de Alain Jaspard
Taches de naissance de Arnon Grunberg

JC Lattès :
Clint et moi de Eric Libiot
Les disparus de Joola de Adrien Absolu
Une piscine dans le désert de Diane Mazloum
Mémoire de soie de Adrien Borne

Jou :
Merdeille de Frédéric Arnoux

L’Iconoclaste :
Liv Maria de Julia Kerninon
Cinq dans tes yeux de Hadrien Bels
L’autre Rimbaud de David Le Bailly

Julliard :
Le sel de tous les oublis de Yasmina Khadra
Bénie soit Sixtine de Maylis Adhemar

Robert Laffont :
Louis veut partir de David Fortems
Stella Finzi de Alain Teulié
Les graciées de Hargrave Kiran Milwood
Never mind de Gwenaëlle Robert
Le dernier inventeur de Bellisen Héloïse Guay
Les incasables de Rachid Zerrouki
Les lâches de Patrick Besson
Le sens sauvera le monde de Sébastien Bohler
Le crépuscule et l’aube de Ken Follett

La fosse aux ours :
Nord-est d’Antoine Choplin

Joëlle Losfeld:
De nos ombres de Jean-Marc Graziani

La Martinière :
Rosa dolorosa de Caroline Dorka-Fenech
Avant les diamants de Dominique Maisons
Siglo de Ragnar Jonasson
Après le jour de Christophe Molmy

Mercure de France :
L’homme en rouge de Julian Barnes
Les enfiévrés de Ling Ma
Les passantes de Michèle Gazier
Quitter Madrid de Sarah Manigne
L’aurore de Pia Malaussène

Métailié :
Patagonie route 203 d’Eduardo Fernando Varela
Tupinilândia de Samir Machado de Machado
La danse du vilain de Fiston Mwanza Mujila
Ethnologie du bureau de Pascal Dibie

Éditions de Minuit :
Histoires de la nuit de Laurent Mauvignier
Les émotions de Jean-Philippe Toussaint

Noir sur Blanc :
La petite dernière de Fatima Daas
Rassemblez-vous en mon nom de Maya Angelou
Les Oxenberg & les Bernstein  de Catalin Mihuleac
Manifeste incertain 9 de Frédéric Pajak
Le châtiment de Prométhée et autres fariboles de Karel Capek

Éditions de l’Observatoire :
Mangeterre de Dolores Reyes

L’Olivier :
Une bête aux aguets de Florence Seyvos
Mes fous de Jean-Pierre Martin
Les nuits d’été de Thomas Flahaut
Walker de Robin Robertson
Et si on arrêtait de faire semblant? de Jonathan Franzen

Payot&Rivages :
Héritage de Miguel Bonnefoy
Des vies à découvert de Barbara Kingsolver
Avis de grand froid de Jérome Charyn
1994 de Adlène Meddi
La valeur du hasard, Ma vie de Agnès Heller
Consolation philosophique de Vincent Delecroix

PLON :
La grâce de Thibault de Montaigu
Les silencieux de Eric Delbecque
La chambre des dupes de Camille Pascal
Rumeurs d’Amérique de Alain Mabanckou
La discrétion de Faïza Guène
La chasse aux âmes de Sophie Blandinières
Je suis née à Bergen Belsen de Yvonne Salomon
Suprémaciste théorie de Alexis Le Rossignol
Papa de Clémence Rochefort
Une famille dans la mafia de Marie-Françoise Stéfani
Toxic bayer de martin Boudot
Et puis au pire on s’aimera de Thierry Cohen
Toujours y croire de Olivier Giroud

P.O.L :
Yoga d’Emmanuel Carrère
Le pont de Bezons de Jean Rolin
La fille du père de Laure Gourège
Paula ou personne de Patrick Lapeyre

Quidam :
Trencadis de Caroline Deyns

Philippe Rey :
American dirt de Jeanine Cummins
Ta mort à moi de  David Goudeault

Editions du Rouergue :
Loin-confins de Marie-Sabine Roger
Sept gingembres de Christophe Perruchas
Entre fauves de Colin Niel
Les boiteux de Frédéric L’Homme

Seuil :
Dans les yeux du cie
l de Rachid Benzine
Saturne de Sarah Chiche
La capture de Mary Costello
Le cœur synthétique de Chloé Delaume
Les lionnes de Lucy Ellmann
Un crime sans importance d’Irène Frain
Personne ne sort les fusils de Sandra Lucbert
Je suis le fils de Beethoven de Stéphane Malandrin
Des jours sauvages de Xabi Molia
Un promeneur solitaire dans la foule de Antonio Munoz Molina
Des kilomètres à la ronde de Vinca Van Eecke

Sonatine:
Marilou est partout de Sarah Elaine Smith
Ce lien entre nous de David Joy
Le monde des Abberley de Robert Goddard
Lire les morts de Jacob Ross
La mer sans étoiles de Erin Morgenstern

Éditions du Sous-sol :
Ce que je ne veux pas savoir de Déborah Levy
Le coût de la  vie de Déborah Levy
La trajectoire des confettis de Marie-Eve Thuot

Stock :
La colère de Alexandre Dezzi
Les démons de Simon Liberati
Le tailleur de Relizane de Olivia Elkaim
La société des belles personnes de Tobie Nathan
Aria de Nazanine Hozar
Le monde du vivant de Florent Marchet
Dernière cartouche de Caroline Bodinat
Sabre d’Emmanuel Ruben
Erika Sattler d’Hervé Bel
La grande épreuve de Etienne Montety
Wuhan, ville close, Journal de Fang Fang

La Table Ronde :
Retour à Marthas Vineyard de Richard Russo

Verdier :
Thésée, sa vie nouvelle de Camille de Toledo
Permafrost de Eva Baltasar
Alger, rue des bananiers de Béatrice Commengé

Verticales :
Un enlèvement de François Bégaudeau
Là d’où je viens a disparu de Guillaume Poix

Sabine Wespieser :
Sous le ciel des hommes de Diane Meur
Mauvaises herbes de Dima Abdallah
Tableau noir de Michèle Lesbre
Ce genre de petites choses de Claire Keegan (nov. 2020)

Zoé:
Vladivostok circus de Elisa Shua Dusapin
Vue mer de Colombe Boncenne

 

Zulma :
C’est qu’ici-bas nous sommes de Jean-Marie Blas de Roblès
La géante de Laurence Vilaine
Comment faire l’amour à un nègre sans se fatiguer de Dany Laferrière

 

 

Bilan de juillet et Programme d’août 2020

 

Animée par mon challenge Tour du Monde et surtout par les sirènes de la rentrée littéraire, je retrouve un peu mon rythme de lecture. 12 livres lus dont 9 de la prochaine rentrée littéraire dont vous n’aurez les chroniques qu’après le 19 août 2020.

Trois livres lus pour le challenge #TourDuMondeDuPingouin

   

Neuf lectures en avant-première, notamment en tant que jurée pour le Prix du Roman Fnac.

               

Les articles les plus lus sur mon blog en juillet sont :

1 – Rentrée Littéraire 2020, panorama par éditeur

2 – Ce qui n’a pas de nom de Piedad Bonnett

3 – Le pays que j’aime de Catarina Bonvicini

Je consacre le mois d’août à la découverte de la rentrée littéraire

         

Et quelques livres de ma PAL pour mes challenges

 

Ce qui n’a pas de nom – Piedad Bonnett

Titre : Ce qui n’a pas de nom
Auteur : Piedad Bonnett
Littérature colombienne
Titre original : Lo que no tiene nombre
Traducteur : Amandine Py
Editeur : Métailié
Nombre de pages : 144
date de parution : 7 septembre 2017

 

Le 14 mai 2011, Daniel, le fils de Piedad Bonnett et Rafael, se suicide en se jetant du toit de son immeuble à New-York. A vingt-huit ans, il avait repris des études à l’Université de Columbia.

Parce que la douleur s’apaise lorsqu’elle est partagée, Piedad Bonnett, professeur de littérature à Bogota et poétesse reconnue, veut avec ce récit « remuer les eaux troubles de ce puits, non pour y trouver la vérité, qui n’existe pas, mais dans l’espoir que les différents visages de Daniel apparaissent dans les reflets vacillants de sa sombre surface. »

Un tel récit est toujours douloureux, émouvant. Celui-ci m’a particulièrement touchée parce qu’il ne sombre pas dans le pathos et surtout parce qu’il aborde de manière très concrète la souffrance de la schizophrénie, une maladie mentale qui isole encore aujourd’hui trop de jeunes.

Daniel luttait depuis huit ans contre cette terrifiante maladie mentale. Détectée à la suite d’une première crise dépressive survenue après la prise d’un médicament contre l’acné, Daniel plongeait dans des phases paranoïaques à chaque changement ou rupture de traitement. Piedad explique particulièrement bien les délires et sentiments de son fils, les problèmes de suivi thérapeutique , les effets néfastes du traitement, la volonté de paraître normal malgré les voix dans sa tête, les facteurs aggravants.

Artiste doué, peintre, le jeune homme doute de son talent, craint la vacuité de telles études, l’impossibilité de vivre de ce métier.

 » Pouvons-nous, nous les mères, devenues si  accessoires quand nos enfants grandissent, les obliger à suivre les chemins que nous avions rêvés pour eux? »

Malgré plusieurs crises difficiles et une première tentative de suicide, pouvait-elle lui interdire d’aller à new-York suivre des études en architecture. Le stress est le premier déclencheur des formes de schizophrénie. Daniel peine à suivre certains cours, à trouver un stage, angoisse pour son mémoire de fin d’études.

 » Sans traitement, je ne suis plus moi. Sous traitement, je cesse d’être moi. »

En femme de lettres, Piedad s’est intéressée à de nombreux livres sur la maladie mentale, sur le suicide. Avec de nombreuses références littéraires, elle compose ici un récit à la fois intime et pertinent.

 

 

Notre quelque part – Nii Ayikwei Parkes

Titre : Notre quelque part
Auteur : Nii Ayiwei Parkes
Littérature ghanéenne
Titre original : Tail of the blue bird
Traducteur : Sika fakambi
Éditeur : Zulma
Nombre de pages : 304
Date de parution : 6 février 2014

 

Yao Poku, vieux chasseur, détenteur de la mémoire des légendes de son village  est à peine surpris quand il voit débarquer une jeune femme à la jupe trop courte qui se met à hurler en sortant de la case de Koffi Atta. Elle y avait suivi un oiseau bleu mais y a trouvé une masse sanguinolente et puante. Masse placentaire ou forme humaine? La jeune femme étant la maîtresse d’un ministre, l’inspecteur principal  Donkor est chargé de résoudre bien vite cette affaire.

Pour cela, il fait appel à Kayo, un médecin légiste qui a fait ses études en Angleterre. C’est à l’âge de dix ans, en découvrant le corps de son grand-père noyé que Kayo avait décidé de devenir médecin légiste. Trouver des raisons scientifiques face aux suspicions habituelles de sorcellerie, telle était son ambition. Donkor lui demande de rédiger un rapport digne des Experts, sa série favorite.

Kayo quitte à contrecœur son laboratoire biomédical et ses amis du Millie’s avec lesquels il boit chaque soir le vin de palme. Mais il sait que cette expérience sera peut-être l’occasion d’intégrer la Police d’Accra qui avait initialement évincé son dossier. Le jeune homme, flanqué du policier Garda, arrive au village, sur le terrain de l’enquête. En respectant les coutumes locales, il se fait accepter par Yao Poku et Oduro le féticheur malgré ses méthodes d’expert occidental. Il numérote les indices, prend des photos, relève des traces et des empreintes avec ses lunettes filtrantes et sa torche UV.

Chaque soir, Kayo et Garda rejoignent Yao Poku et Oduro à la buvette locale chez Akosua Darko. Là buvant du vin de palme et mangeant du fufu, Yao Poku leur raconte l’étrange histoire d’un cultivateur de cacao et de sa fille, une histoire qui pourrait bien donner des idées à Kayo pour résoudre son enquête.

En abordant Notre quelque part, le dépaysement est total. L’auteur mêle la culture locale et les apports occidentaux. La traduction laisse quelques passages en dialectes locaux pour une meilleure immersion dans la culture africaine. Les locaux utilisent ce que l’homme blanc anglais a pu apporter mais ils savent que ce qui est écrit dans l’Histoire n’est que mensonge face aux légendes locales. Si le médecin légiste tente d’expliquer la mort, seuls les ancêtres détiennent réellement ce pouvoir.

Nii Ayikwei Parkes séduit avec ce premier roman non dénué d’humour. Un roman étonnant qui montre toute la complexité d’un pays en évolution entre modernité occidentale et coutumes ancestrales. L’auteur esquisse les différences entre jeunes cadres de la ville d’Accra et villageois proches des mythes africains. Les personnages sont particulièrement attachants. Conscients de la corruption omniprésente, de la violence ambiante, ils continuent avec légèreté à chanter, boire le vin de palme et raconter des histoires.

 

 

Khalil – Yasmina Khadra

Titre : Khalil
Auteur : Yasmina Khadra
Éditeur :Julliard
Nombre de pages : 240
Date de parution : 5 septembre 2019

 

Se mettre dans la peau d’un kamikaze, c’est le pari dangereux de Yasmina Khadra. Il faut des années de recul et une bonne dose de tolérance pour essayer de comprendre ce qui se passe dans la tête de Khalil, envoyé à Paris le 13 novembre 2015.

Partis de Molenbeek avec un chauffeur, deux frères kamikazes chargés de s’immiscer au Stade de France et son meilleur ami, Driss, Khalil bardé d’une ceinture d’explosifs doit faire sauter une rame de métro bondée.

La commande de son gilet étant défectueuse, l’objectif ne sera heureusement pas atteint. Mais Paris est durement touché. Parmi les nombreuses victimes, la nièce de Khalil perd la vie au Bataclan.

«  Il n’y a pas de place pour les cas de conscience. »

Rayan,  Driss et Khalil sont nés dans le même immeuble en 1992. Si Rayan est parvenu à s’intégrer, Driss et Khalil sont les résultantes de l’aboutissement logique de l’exclusion : frustration, haine puis violence. L’imam, de son ton imprégné de longanimité, n’eut aucun mal à leur faire miroiter la gloire et un monde meilleur.

 » La mosquée nous a restitué le RESPECT qu’on nous devait, le respect qu’on nous a confisqué, et elle nous a éveillés à nos splendeurs cachées. »

En remontant aux sources, Yasmina Khadra ne cherche pas les circonstances atténuantes car il ne peut y en avoir pour ceux qui touchent à la vie d’innocents.Mais il détaille le mécanisme, s’attache à montrer comment ça commence, à trouver  » à quel moment et sous quelle forme le rejet de toute une société germe en toi. »

Comme dans Embrasements, le roman de Kamila Shamsie qui m’avait aussi interpellée par la violence de son sujet, l’amitié et la famille restent des liens forts. Khalil est particulièrement attaché à sa sœur jumelle ( il est aussi question de gémellité dans Embrasements). Les évènements, la présence de Ryan, les mots de Moka percutent le travail d’endoctrinement des membres du clan terroriste,ouvrant une brèche dans l’esprit du jeune homme.

«  Le devoir, Khalil, est de vivre et de laisser vivre. Il n’y a pas plus précieux que la vie et nul n’a le droit d’y toucher. »

Khalil est un roman audacieux, dérangeant. En se mettant dans la peau d’un kamikaze, Yasmina Khadra nous laisse entrevoir le parcours de jeunes  gens qui en arrivent à sacrifier leur vie pour semer la mort. Certains seront gênés par l’empathie qui se dégage du personnage. Mais l’auteur ne lui cherche pas d’excuse. Il s’emploie aussi à montrer combien les musulmans de son entourage le condamne. C’est d’ailleurs ce qui induit le doute en l’esprit de Khalil. Il n’en reste pas moins  qu’évoquer les attentats du 13 novembre 2015 sous ce biais est douloureux, glaçant et dérangeant. Et il faut toute la culture, l’art et la renommée de Yasmina Khadra pour oser parler de cette insoutenable évènement du point de vue d’un kamikaze.

 

Le pays que j’aime – Catarina Bonvicini

Titre : Le pays que j’aime
Auteur : Catarina Bonvicini
Littérature italienne
Titre original : Correva l’anno del nostro amore
Traducteur : Lise Caillat
Éditeur : Gallimard
Nombre de pages : 320
Date de parution : 3 octobre 2016

 

«  Notre amour était un fleuve souterrain, mais la sensation était toujours celle d’un commencement. »

Olivia et Valerio sont nés en 1975, pendant les années de plomb en Italie. Elle est la petite-fille d’un riche entrepreneur en bâtiment. Lui est le fils du jardinier et de la bonne.

Mais les enfants n’ont pas conscience des différences de classe. Ils vont à l’école ensemble, accompagnés par Gianni, le grand-père dans sa voiture blindée. Ils sont inséparables.

Pendant quarante ans, de 1975 à 2015, ils vont se croiser, se manquer, s’aimer et se perdre. Mais jamais ils ne s’oublieront, ni ne finiront de s’aimer.

Leur première séparation a lieu en 1981 lorsque Sonia, la mère de Valerio, part à Rome avec son amant, un petit truand, usurier et receleur. Elle emmène son fils. Sonia est prête à tout pour échapper à sa condition, gagner de l’argent, contrairement au père de Valerio, un homme patient et humain.

«  Si tu fais tout dans les règles, tu seras toujours un perdant, disait-elle.»

Valerio qui se croyait aussi bourgeois qu’Olivia tombe de haut dans les quartiers pauvres de Rome. Il joue avec les petits délinquants, découvre un langage, le romanesco  et perçoit le trafic de drogues et d’armes.

Olivia et Valerio se retrouvent en 1993. Ils ont dix-huit ans. L’Italie a entamé son opération Mains propres. Le père d’Olivia est arrêté pour avoir accordé des pots de vin, sa mère sombre dans l’alcoolisme. Valerio rêve de devenir magistrat. Le destin en la personne de son ami d’université, Constantino, fils d’industriel, le fera dirigeant dans l’entreprise Bernasconi. N’est-ce pas le moyen d’entrer dans une de ces bourgeoisies italiennes pour enfin appartenir à tous les mondes dont celui d’Olivia?

« L’excès de richesse est dangereux. »

Olivia et Valerio, chacun de leur vie, passent à côté du bonheur, une évidence difficile à saisir. Il devient corrompu alors qu’il rêvait de justice. Elle, l’héritière, gâche sa vie sur de mauvaises alliances.

Avec sa trilogie, Elena Ferrante a provoqué un raz-de-marée littéraire. J’ai lu le premier tome sans être convaincue. En un seul livre, Catarina Bonvicini joue la sobriété sans pathos. Avec en arrière plan, la société italienne des années de plomb à l’ère Berlusconi, ce roman d’amour impossible trouve le juste ton. A l’image de Manon, la grand-mère inoubliable d’Olivia, le récit a de la grâce et de l’intelligence, jouant avec les codes de la bourgeoisie italienne.

Belle rencontre avec Catarina Bonvicini qui me donne envie de découvrir son dernier roman, Les femmes de.

 

 

Bilan de juin et programme de juillet 2020

Le confinement est terminé mais il laisse des traces. Je peine à retrouver mon rythme habituel de lecture. Tout comme le mois dernier, je ne passe pas la barre de la dizaine de livres lus. Par contre, j’ai pu sortir quelques anciens romans de ma Pile A lire.

Deux très belles lectures, l’une pour le mois anglais et la seconde pour le challenge tour du Monde de l’été.

 

Deux belles découvertes d’auteur

 

Des romans légers, sans prise de tête, tout ce qui me fallait ce mois-ci…

 

Un petit livre pour éveiller les  plus jeunes à l’écologie

Et ma dernière lecture du mois qui ne peut que me plaire.

Les articles les plus consultés sur mon blog en juin 2020 :
1 – Rentrée littéraire 2020, panorama par éditeur
2 – Les cormorans d’Édouard Jousselin
3 – Confiteor de Jaume Cabré

J’espère retrouver mon rythme en juillet afin de continuer mes lectures pour mon Tour du Monde De l’été

      

La jeune fille au chevreau – Jean-François Roseau

Titre : La jeune fille au chevreau
Auteur : Jean-François Roseau
Éditeur : Éditions de Fallois
Nombre de pages : 240
Date de parution : 10 juin 2020

 

A quatorze ans, il se rêvait peintre. Dans les jardins de la Fontaine à Nîmes, il était tombé amoureux d’une statue, la jeune fille au chevreau, œuvre de Marcel Courbier, un sculpteur nîmois.

Aujourd’hui, à la fin de sa  vie, il se souvient avoir saccagé cette statue en 1944. Merveille de sensualité, elle était aussi le symbole de ses remords de jeunesse.

Pendant la seconde guerre mondiale, alors qu’il n’avait que seize ans, le petit Pygmalion rencontre M., modèle de La jeune fille au chevreau.  Et il en tombe follement amoureux. Qu’importe qu’elle soit mariée et qu’on la dise la maîtresse du commandant Saint-Paul de l’armée allemande! Elle l’a sauvé de prison lorsqu’il a été pris dans la rafle suite à l’attentat de la rue Saint Laurent. Malgré les mises en garde de sa mère, proche des maquisards, le jeune garçon entre dans le cercle rapproché de M.

Lors de dîners fastueux à la villa Elise, entouré de collabos, mais surtout protégé par M., l’adolescent se sent un homme qui compte, « gagnant en audace ce qu’il perdait en naïveté. »

Mais nous sommes en pleine guerre, on pend les maquisards, ses amis se font tuer lors des bombardements, faut-il choisir un camp? Le petit Pygmalion ne pense qu’à la femme qu’il aime.

A la libération, c’est la débandade allemande et la vengeance contre les collabos. Chacun sait le sort réservé à femmes françaises, maîtresses des allemands,  » qu’il est des époques troubles où dans l’homme, le héros et la  bête, se confondent, indiscernablement. »

Jean-François Roseau écrit un beau roman d’amour en pleine seconde guerre mondiale. le style et l’action en font une lecture agréable qui, je pense, marquera davantage les Nîmois.

Du nouveau dans ma bibliothèque ( 16/20)

Je l’attendais avec impatience; le dernier roman de Tracy Chevalier est paru le 25 juin. Ce sera ma prochaine lecture!

Tout récent lui aussi, paru le 23 juin, Sanction sera l’occasion de découvrir une maison d’édition et un auteur. Avec ce thriller,  je ne suis pas dans mon univers de prédilection mais qui sait ce que peut m’apporter le souffle de la découverte!

Bonne semaine et bonnes lectures.

 

Ville émeraude et autres nouvelles – Jennifer Egan

Titre : Ville émeraude et autres nouvelles
Auteur : Jennifer Egan
Littérature américaine
Titre original : Emerald city and other stories
Traducteur : Aline Weill
Éditeur : Robert Laffont
Nombre de pages : 252
Date de parution : 5 mars 2020

Jennifer Egan a obtenu le prix Pulitzer de la fiction en 2011avec Qu’avons-nous fait de nos rêves? (Stock).  En 2018, elle est aussi remarquée pour Manhattan beach (Robert Laffont). Ses romans me tentent depuis toutes ces années mais je n’avais pas encore eu l’occasion de la lire. Quoi de mieux qu’un recueil de nouvelles pour découvrir le style et l’univers d’un auteur. Ce recueil de onze nouvelles a amorcé la célébrité de Jennifer Egan aux États-Unis en 1993. Robert Laffont vient d’en publier la traduction.

Avec ce recueil, Jennifer Egan nous emmène vers des lieux lointains, exotiques, en Chine, en Espagne, au Kenya ou à Bora bora mais aussi à  New-York ou San Francisco. Mais plus que le cadre, je fus surtout séduite par les personnages nostalgiques. J’ai aimé cette façon de guider le lecteur vers le point de bascule du personnage.

Les deux premières nouvelles campent des adolescentes en opposition au milieu familial. La première, habituée au luxe d’un milieu aisé, snobe son père. Immergée dans la rusticité de la campagne chinoise, portée loin de ses repères, elle amorce un changement d’attitude.
Dans la seconde nouvelle, Sarah se lie avec une camarade de classe perturbée. Elle aura besoin de s’identifier à elle, de la suivre dans son malaise pour finalement ressentir le soutien des proches qu’elle reniait.

L’auteur pointe les regrets de ses personnages, les amène à réfléchir en observant ce qui se passe autour d’eux et en analysant le souvenir d’une jeunesse dorée et insouciante  jusqu’au déclic qui permet de franchir une étape, d’aller jusqu’au point de renoncement pour mieux repartir.

Vie de milliardaire comme pour Lucy et Parker ou vie de junkie dans les bas-fond de San Francisco, il y a toujours un moment où il faut passer à autre chose.Se comprendre pour avancer.

Au-delà du style particulièrement agréable à lire,  j’ai beaucoup aimé cette ambiance nostalgique, la douceur des personnages et leur capacité à trouver une manière positive d’avancer.

Un recueil de nouvelles qui me donne envie de lire les romans de cette auteure américaine.

Harriet – Elizabeth Jenkins

Titre : Harriet
Auteur : Elizabeth jenkins
Littérature anglaise
Titre original : Harriet
Traducteur : Christophe mercier
Éditeur : Joëlle Losfeld
Nombre de pages : 304
Date de parution: 15 mai 2013

 

Elizabeth Jenkins (1905-2010), contemporaine de Virginia Woolf et biographe de Jane Austen s’inspire ici de l’histoire vraie d’ Harriet Staunton et du procès retentissant qui secoua l’Angleterre victorienne de la seconde moitié du XIXe siècle.

Harriet est une trentenaire un peu simple d’esprit qui vit toujours avec sa mère, Mrs Ogilvy. Cette dernière, remariée, surprotège sa fille unique mais se soulage régulièrement de son poids en la confiant contre une pension à une parente désargentée, Mrs Hoppner.

Mrs Hoppner a deux filles : Elizabeth, mariée à Patrick Oman, un peintre ombrageux et Alice qui fait chavirer le coeur de Lewis, le frère de Patrick. Les robes somptueuses d’Harriet attisent la cupidité des Oman. Quand Lewis apprend le montant de la fortune d’Harriet, il s’emploie à la séduire. Chose facile entre le bellâtre et la trentenaire naïve!

Malgré les mises en garde et les tentatives judiciaires de sa mère, Harriet épouse Lewis et s’installe avec lui près des Oman et des Hoppner. Commence alors pour la jeune femme une lente et implacable descente aux enfers orchestrée par Lewis assisté de sa maîtresse, de son frère et sa femme.

Au-delà de cette histoire dont l’évolution est évidente, Elizabeth Jenkins excelle à décortiquer les pensées de ses personnages. Le sort d’Harriet passe presque au second plan, d’autant plus que nous n’en découvrirons tous les détails qu’au procès final. Ce qui nous tient en haleine, ce sont les agissements, les évolutions et les réactions de chacun, acteurs ou spectateurs du drame. Faire souffrir une pauvre femme insignifiante devient finalement presque normal. Ce qui semble juste pour Patrick, le devient aussi pour sa femme, puis pour la jeune bonne. C’est dans cette métamorphose et cet examen des consciences que l’auteur excelle.

Je suis ravie que le Mois anglais m’ait donné l’occasion de lire ce très bon roman.